Booster

Killer Queen

  Et d’un coup, ils se sont mis au garde à vous. Soldats fiables, qui ne tremblent pas quand il faut se dresser. Je les ai senti les u...

samedi 16 février 2013

Arrow : Avec un C comme dans Capuche

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Oliver Queen, c’est pas une chochotte. Et c’est aussi le nouvel héros d’une nouvelle série “Arrow” inspirée de l’univers de DC Comics. Et bizarrement, malgré sa quantité de muscles, c’en est une, de flèche.
Oliver – Ollie de son petit nom – est le fils d’une famille milliardaire. Il est beau, il est superficiel. Il est égocentré, fêtard et pas super fidèle.
Mais ça, c’était avant.
Avant qu’il embarque sur le yacht du paternel avec sa nouvelle conquête qui est accessoirement la frangine de sa régulière. Avant que le bateau ne sombre. Un peu comme dans Titanic sauf que cette fois, la fille meurt, y’a un bateau de sauvetage pour trois et des vivres pour un. Faites le calcul, ça ne colle pas. Papa Queen sacrifie donc le troisième larron, pis il allège sa conscience, parle à son fils d’homme à homme avant de mourir dans des circonstances que je ne peux vous dévoiler sans qu’on me qualifie de spoileuse intempestive.
En plus c’est pas mon genre.
Bref.
Ollie va finir par tomber sur une île à la Lost et va rapidement comprendre que s’il veut vivre, il va d’abord devoir survivre. Il va passer cinq longues années dans cette jungle mal fréquentée et va apprendre le b-a ba du Petit Manuel de Comment Survivre sur une Île quand on est Riche et mal préparé à la Vrai Vie. Oliver va donc découvrir dans la douleur que pour manger, il va devoir tuer, pour se défendre il va devoir courir ou tuer, pour ne pas dépérir, une série de 500 tractions tous les demi-heures sur le chêne d’en face devrait faire l’affaire.
Quand il est secouru (laisse-moi rire) cinq ans plus tard, qu’il aura été rafraîchi par son coiffeur, Ollie retrouve sa famille et le manoir familial.
Inutile de vous dire que la Reine Mère est un peu déboussolée de revoir fiston, et la frangine – peste de The O.C si mes souvenirs sont bons (et ils le sont) – traverse une méchante crise d’ado.
Oliver est revenu, certes. Mais il a un brin changé. Déjà dormir dans un lit, très peu pour lui. Et j’imagine que manger une viande bien cuite dans la vaisselle signée doit lui sembler un peu too much. Mais ce n’est pas tout. Avant de mourir, son père lui a confié qu’il n’était pas l’homme qu’il pensait. Puissant, riche, il fait partie d’une bande de milliardaires qui tient la ville et la dirige. Mais à l’heure des confidences, il doit reconnaître qu’il s’est peut être un peu sali les mains et qu’avec ses copains ils abusent peut être un peu trop de la peur et de l’intimidation pour régner. Il confie à son fils la mission de réparer ses erreurs. De nettoyer Starling City, sa ville. De survivre pour revenir et redonner à sa cité ses lettres de noblesse, et d’honneur.
Pour ça, Oliver Queen a décidé de se déguiser en Robin des Bois. Avec sa jolie capuche et son arc, il va nettoyer la ville des méchants. C’est là qu’on voit que son séjour balnéaire et sportif lui a fait le plus grand bien. Le type a une détente à vous couper le souffle, des épaules de déménageur turc, un oeil affûté quand il s’agit d’épingler de sa flèche le cigare du magnat et une endurance à toutes épreuves. Les bagarres dans Arrow c’est de la chorégraphie, c’est de l’art. C’est beau même.
Armé d’un petit livre où sont listés tous les méchants et dangereux du coin, Ollie a du boulot.
Surtout que rapidement il fait parler de lui. Un mec qui se prend pour un justicier anonyme qui erre la nuit dans les quartiers malfamés où frayent les rois du pétrole, c’est louche. Moralité il a la police à ses trousses, et le chef de la brigade n’est autre que son ex beau-père. Deux fois en plus. Si le détective Lance apprend que sous la capuche se cache son ennemi juré, j’ai envie de vous dire que ça risque faire mal.
Autour du jeune Queen gravitent un peu son ex, fille de et avocate de son état, Laurel Lance et beaucoup son meilleur ami, son BFF, son Merlyn, le comique de service, amoureux transi de Laurel et accessoirement fils de son père. Et je n’en dirai pas plus parce que là encore, ça serait sacrilège.
Et en ces temps incertains où même la papauté nous abandonne, on n’est jamais trop prudent.
Amen.
Enfin viennent sa mère, très Barbara Gould mais on va rapidement découvrir qu’elle a des fréquentations un peu limites. La frangine donc, qui a élevé l’espièglerie au niveau de la supercherie. Et qui voue un culte à son frère. Le beau-père – Maman Queen n’a pas traîné dans son veuvage, ça faisait désordre. Et enfin, le meilleur pour la fin : John Diggle, le garde du corps d’Oliver, la machine de muscles, le cerveau, presque le bras droit. Mais chut on a dit.
Alors ok, à première vue, l’intrigue est cousue de fil blanc. Mais accrochez-vous car très vite, vous allez voir que les personnages ont plus de profondeur que prévu, certains vont même soupçonner des complots. Personne ne fera vraiment confiance à personne et c’est tant mieux. Les histoires amoureuses manquent – elles – d’intérêt par contre. C’est à dire que bon, une fois qu’on a goûté au charme du justicier torse nu, je ne vois pas très bien qui pourrait rivaliser. Du coup c’est vite vu.
Avec tout ça, vous voilà prêts à affronter le côté obscur de Starling City. Si vous n’avez rien contre la vue d’abdos démentiels et de biceps ridiculement bien dessinés, je vous encourage à regarder Arrow. Un super héros qui s’est fait à la force des bras, un Robin des Bois de la nuit, un type qui lave la conscience du père à coups de flèches et de sentence définitive comme “Vous avez laissé tomber Starling City, vous avez à faire à moi” (en gros).
Ouais. Oliver Queen, c’est pas une chochotte.

jeudi 20 décembre 2012

Dirty Dancing : ça, c'est mon espace de danse

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Il y a des films à l’eau de rose, des comédies dramatiques à petit pois, des comédies musicales aux yeux larmoyants, des romances de midinettes et il y a Dirty Dancing.
Une film pour les filles, qui reste incompris pour nos pendants masculins. Un film qui se bonifie avec le temps. Ni comédie ni drame, ça chante mais via des enregistrements, ça danse surtout. Salement.
J’ai deux options : glorifier la mémoire de Patrick ou enfoncer un peu plus France – Bébé – Houseman.
Non parce que bon. En attendant qu’elle lâche ses bouclettes, ce qui atténuera son appendice plus communément appelé “pif”, elle se fait appeler “bébé”. Je n’ai jamais rien entendu de plus ridicule.
Bébé part en vacances en famille, dans un club qui m’a tout l’air réservé aux seniors. Flanquée d’une frangine à frange (ce qui suffit à définir son second degrés), Bébé s’ennuie ferme. Et comme toute ado livrée à elle-même, elle s’essaie à la rébellion et va traîner ses chemisiers blancs du côté des G.O de service.
Forcément. Une comédie romantique a besoin d’un homme, un vrai. Un qui transpire. Un qui vous ignore. Influencé par Grease cc #leslunettesnoires.
Quand Bébé débarque avec ses pastèques (“ben quoi, c’est pas un crime de porter des pastèques”) dans l’antre des danseurs, comédiens, et autres intérimaires du club, elle entrevoit ce dont la met sûrement en garde son curé chaque Dimanche. C’est du boogie-woogie qui s’enflamme et qui réveille son coeur pur et niais. C’est une ferveur impatiente. C’est du rock’n’roll bonté divine !
Et avant que Bébé n’ait le temps de prononcer un Notre Père, une apparition … apparaît (ce qui est somme toute assez attendue) et c’est l’appel de Patrick Swayze. Chemise ouverte, hanches rythmées, bassin aguicheur. Bébé va apprendre à danser, à assumer son corps et va passer en mode “oh Diable les convenances”.
Fichtre.
En gros, à ce moment là du film. On sait où on va, on devine les éventuelles complications. Mais ça serait dommage de s’arrêter là. La B.O n’a pas encore donné toute sa voix et il nous reste à entendre des dialogues qui feraient se retourner un Michel Audiard dans sa tombe.
Alors que Bébé s’entiche du belâtre qui lui même se sent investi d’une mission auprès de sa cavalière anorexique enceinte (d’un serveur coiffé à la gomina) de 2 jours et demi, un type louche, genre boy scout, lui tourne autour. Décidé à lui mettre le grappin dessus, fort de sa supériorité évidente par sa qualité de fils légitime du patron. Et par une belle soirée éclairée seulement par la lune et les lampions, notre capitaliste va déclarer sa flamme avec des arguments indémontables : “l’homme est un loup pour l’homme, et surtout pour la femme”.
“Un con ça ose tout , c’est même à ça qu’on le reconnaît” mais malgré tout, il va s’en dire que notre enfant bénie va balayer d’un revers de cils ces atermoiements pour se consacrer sur l’essentiel : comment – bon dieu – parvient-on à danser le chacha ?
Il lui faut un enseignement. Il lui faut un prof. La vie fait bien les choses, c’est Patrick qui s’y colle.
Comme un bonheur ne vient jamais seul, la blonde à talons a décidé d’avorter et fait appel à un faiseur d’anges qui n’a pas des doigts de fée. Comme il a autant de compétences médicales que moi, la blondinette finit au fond de son lit, fiévreuse et avec une excuse toute trouvée pour éviter le concours de danse de salon qu’elle devait honorer avec Johnny, comprendre Patrick.
Bébé est donc réquisitionnée pour officié dans le rôle de la danseuse. Et c’est parti pour des cours de danses, des entraînements, une fois dans la salle de classe en body ou en culotte, une autre en équilibre sur un tronc d’arbre astucieusement posé là par Mère Nature ou encore dans l’eau parce qu’on n’a encore rien fait de mieux question sexytude que Patrick Swayze dégoulinant et Jennifer Grey en tee-shirt mouillé. Coquine. Tsss.
Et alors qu’on s’y attend absolument, le courant passe entre eux. Johnny qui a raté sa vocation pour West Side Story, Bébé qui a tout d’une Juliette éplorée se frôlent, se jaugent, et alors qu’on a vu venir le truc depuis à peu près 47 minutes, ils percutent.
Mais il reste 1h de film donc ne crions pas victoire trop vite.
Après le concours de danse, Johnny et Bébé rentrent au camp et c’est le drame. Blondie a besoin d’un médecin. Où Diable va-t-on trouver un médecin à cette heure ? Bébé a la solution et ramène son père. En professionnel il va soigner l’imbécile, en paternel il va sermonner sa fille et lui interdire de revoir cet homme et son blouson de cuir.
Pauvre Houseman. Aurais-tu oublié ta folle jeunesse ? Crois-tu un instant que ta fille adorée va retourner dans sa chambre fleurie pour pleurer sur son triste sort ?
Un interdit c’est souvent là pour être outrepassé. Et alors que tu ranges à peine ton stéthoscope, Bébé est dans la chambre du beau gosse prête à perdre sa virginité.
Y’a pire.
La fin des vacances menace, la fin du film aussi. Et quand un vol est commis parmi les retraités en guise d’ultime rebondissement, c’est tout naturellement que les soupçons se portent sur Johnny. Johnny qui a “volé” Bébé au boy scout. Johnny qui a frappé le serveur fuyard (vas-y Johnny, fais-moi mal). Johnny qui n’a pas un rond.
Bébé va le défendre toutes bouclettes hérissée, tiendra bon jusqu’à que le seul alibi capable de l’innocenter lui échappe : “non il n’a pas pu voler qui que soit, je le sais car j’étais avec lui toute la nuit”. Alors, qu’est-ce que tu dis de ça Doc’ ?
N’empêche que même blanchi, on va gentiment demander à Johnny de prendre sa voiture pourrie et de se trouver un nouveau boulot. Entre ses attitudes et sa coupe de cheveux, ça faisait bien trop de vagues.
La dernière soirée approche avec un spectacle, clou d’une histoire qui n’en finit pas de s’achever. Les Houseman s’attablent, moroses, vaguement abasourdis par la nullité de la frangine à frange qui repousse les limites du ridicule sur scène. Et alors qu’on se prépare au drame, à un film “tout ça pour ça”, v’la t‘y pas que débarque Johnny en trombe. On sent le type qui n’a plus rien à perdre et c’est tout naturellement qu’il se poste devant la table tenue par le médecin médisant pour balancer tel un Clark Gable désenchanté “On ne laisse pas Bébé dans un coin” ! Ça vous en bouche un, hein ?
En quelques enjambées, les voilà sur scène. Projecteur, déclaration sans ambiguïté sur les sentiments qui l’habitent, musique and… now… I’ve had… the time of my life.
Même le porté sera réussi.
Autant que le baiser.
Baiser que tant de générations de midinettes va envier, puis juste apprécier car finalement elle l’a bien mérité cette étreinte, Bébé. On oublie la jalousie et on est heureux pour eux. Juste heureux, le coeur au bord des yeux parce que ça fait beaucoup : entre la musique qui nous chamboulera jusqu’à ce que la mort nous sépare, le public qui se lève et danse, les parents qui capitulent… Nous qui aurions parfaitement pu être Bébé quand on y réfléchit… ppfiu… Dirty Dancing. Le film. Le grain de l’image. Les souvenirs. Et le revoir année après année, avec un regard qui évolue sans perdre une once de désir et de nostalgie.

mercredi 21 novembre 2012

Go On : Free Hugs

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Vous vous souvenez de Chandler ? Ce type mal coiffé dans Friends, hilarant, coincé, qui vit en coloc avec Joey ? Celui dont on n’a jamais compris quel était le métier ?
Et bien il est de retour depuis quelques semaines sur NBC avec “Go On”, un brin grisonnant mais au top de sa forme !
Go on, c’est l’histoire d’un mec comme dirait Coluche (non, je n’ai pas dit “coqueluche”) (non rien), commentateur sportif vitriolé mais charmant, récemment veuf de son état qui débarque un matin frais et dispo pour reprendre les rennes de son antenne après un mois d’absence.
Sauf que ses collègues et accessoirement son supérieur vont calmer ses ardeurs fissa : t’es veuf mec, t’as perdu ta femme, la femme de ta vie, la prunelle de tes yeux. Pas moyen que tu débarques enthousiaste. On veut des larmes, on veut du regret, on veut un être humain.
Chandler qui ici s’appelle Ryan est donc gentiment raccompagné à la sortie sans passer par la case départ, avec pour mission : assister à une dizaine de séance de thérapie de groupe, signature à l’appui, pour avoir le droit de reprendre le travail.
Inutile de vous dire que Ryan est contre. Genre en bloc. Mais il n’a pas le choix. Il se pointe donc à sa première séance, écouteurs bien enfoncés dans les oreilles. Quand il croise dans les couloirs des gens adeptes du JDR (Jeu de rôle) ambiance Roi Arthur, il a l’air du type qui ne compte pas y mettre du sien. Et c’est là que la magie “Chandler” va opérer. Alors qu’il écoute d’une oreille plus que distraite les plaintes des autres dommages collatéraux, une dispute éclate. Chacun défendant son malheur avec le désespoir qui lui incombe, voulant à tout prix être reconnu comme étant l’humain le plus malheureux sur Terre. Ryan rentre dans le jeu et propose de les départager. Et c’est parti pour 5 minutes de fou rire : un tableau, un feutre et un ton de commentateur retrouvé, le voilà arbitrant un match incongru : machin a perdu femme et travail ? ok, mais bidule est aveugle, bidule gagne !
C’est là qu’on se dit que Matthew Perry nous a manqué.
Quand la nana chargée de mener la séance débarque, elle est outrée et refuse de lui signer son papier avec des arguments de poids (gardez bien cette image en tête) : Ryan tu n’es pas prêt. Ryan tu souffres, tu dois l’admettre. Ryan il faut que tu en parles. Ryan, pleure ! Et the last but not least : Ryan, ça fait des années que j’aide les gens, je sais de quoi je parle.
Effectivement Lauren a aidé beaucoup de gens… à perdre du poids en travaillant chez Weight Watchers.
Mais Ryan l’a à l’usure et il finit par repartir avec sa signature. Il peut reprendre l’antenne, il peut continuer sa vie comme si de rien n’était.
Sauf que (vous remarquerez que jamais rien ne se passe comme il le voudrait) Lauren avait raison. Il craque. En balançant des bananes sur la voiture aux vitres teintées du joueur qu’il vient d’interviewer. Ça la fout mal.
Il va donc d’abord essayer d’épuiser son assistante – rien de trivial – en l’obligeant à faire des nocturnes, pour lui tenir compagnie. Mais rapidement, Ryan doit se rendre à l’évidence : il a besoin du groupe. Et le groupe a besoin de lui.
Ça prendra du temps. Et ça commencera avec un final du pilote absolument merveilleux.
Ryan est le seul mec à avoir su faire parler Owen, l’ado mutique. Owen a un frangin dans le coma et son frangin lui manque méchamment. Ensemble ils avaient l’habitude de regarder les captures d’écran faites par Google Street View.
Alors que Ryan reprend place autour du cercle et qu’il commence à raconter son histoire : L’accident. Le café. Sa femme. Sa solitude. Il lève les yeux, interpelle Owen, s’excuse et part en courant dans la rue. Dehors, la Google Car est en train de prendre en photos le quartier. Le truc qui n’arrive donc jamais à part dans les séries américaines. Moi perso, je la cherche encore.
Du coup c’est le moment ou jamais de laisser une trace et c’est affublé de costumes de chevaliers (discrètement empruntés au groupe de gens bizarres) que tout le groupe (sauf un, qui a préféré se mettre nu) se retrouve gesticulant et courant derrière la voiture.
Go On, c’est l’histoire d’un type qui va se découvrir, qui va s’accepter, qui va faire face, et qui va devoir accepter de travailler en équipe. Tout ça entouré de cas sociaux, de bras cassés, de gens abîmés par la vie qui vont petit à petit devenir sa famille. Une béquille.
C’est une série drôle, touchante avec des personnages secondaires attachants, stupides, têtes à claque, irrécupérables. Matthew Perry est un sale gosse avec un bon fond. Et pour une fois, les gens ne sont ni beaux ni moches, ils sont normaux. C’est Community en plus adulte tout en restant loufoque.

samedi 20 octobre 2012

My Week With Marilyn

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L’autre jour, longtemps après tout le monde à vrai dire, je me suis décidée. Après être passée par le refus catégorique, la curiosité timorée, le mépris… j’ai capitulé et j’ai enfin regardé My Week With Marilyn.
Que dire ? Michelle a donc passé une semaine avec ma fausse blonde préférée. Moi ça fait vingt ans que ça dure. C’est donc sceptique et avec une once de mauvaise volonté que j’ai lancé ce film. Mais il a bien fallu que je me rende à l’évidence : c’était pas mal. Non en fait. C’était bien.
Je craignais la caricature, on n’y est pas. Alors oui, on y voit une Marilyn angoissée, droguée de sédatifs ou excitants (selon les besoins), saoule, en retard. The Late Marilyn Monroe qu’y disaient. Et pour l’Happy Birthday de sa mort, c’est pas si mal. Parce que Marilyn était tout ça. C’était un métier et pas franchement une croisière d’être une star interplanétaire.
Le pitch : Profondément stressée, sans aucune confiance en elle, elle est convoquée par Sir Olivier en personne pour incarnée Elsie, une danseuse. Laurence Olivier lui sera le prince. Le film s’appellera (préparez-vous, c’est inattendu) : “Le Prince et la Danseuse”.
My Week with Marilyn c’est une lucarne ouverte sur ces quelques semaines de tournage, avec un objectif braqué sur la plus grande star de l’époque (et de tous les temps, mais c’est un autre débat) et l’entourage proche, en gravité autour de son aura. On pourrait même dire que son satellite est un rouquin, déjà aperçu dans Les Piliers de la Terre. Une lune rousse en somme.
En parlant de lune, Marilyn vient tout juste de convoler avec le dramaturge (et puant, mais c’est un autre débat) Arthur Miller, quand elle s’envole pour London, baby. La ville est alors en effervescence en attendant l’américaine, l’avion est pris d’assaut. Remember son arrivée fracassante au Japon quand elle accompagne son deuxième mari Joe DiMaggio et qu’elle lui vole la vedette.
Le film nous offre à suivre le tournage du “Prince et de la Danseuse” à travers le regard du rouquin cité plus haut. Colin Clark. Un jeune ambitieux qui rêve de faire partie de la grande famille du cinéma. Alors quand le tournage s’annonce, il fait son possible pour en être et arrive à se faire embaucher comme troisième assistant du réalisateur de l’illustre Laurence Olivier. Toujours lui. Qui a plusieurs casquettes et un aplomb assez déstabilisant. Kenneth Branagh se fond parfaitement dans le rôle de cet anglais hautain, brillant, intransigeant. Parfait.
J’imagine facilement la crainte qu’il pouvait distiller avec juste son regard noir et son fier menton. Vivien Leigh devait en baver. Il n’avait rien d’un Rhett Butler.
Colin est dans la place donc. Il drague la costumière. Visiblement, ça ne paie pas de faire une école de sorciers car après Harry Potter, Emma Watson est réduite à faire le repassage. Mais avec son jolis minois et sa tête de premier de la classe, Colin se fait repérer et devient vite l’indispensable assistant sur le plateau. Rapidement, il devient l’intermédiaire et court entre les planches pour rejoindre la loge où se terre Marilyn et s’enquérir de sa santé, de son intention de travailler. Ou pas.
Marilyn qui se pointe toujours avec une demi-pige de retard pour tourner indéfiniment une même scène. On a affaire à une perfectionniste qui refuse la médiocrité. D’un regard, elle attend l’approbation de son mentor, Madame Paula Strasberg, corbeau sombre et énigmatique et épouse de l’illustre père de l’Actors Studio. Mais quand elle parvient à redonner confiance à notre blonde, la magie opère. Le plateau se tait, même notre anglais se range à l’avis de Judi Dench : c’est une grande actrice. Elle irradie.
Judi Dench a la classe intégrale, ici comme quand il s‘agit d’accompagner James Bond. Avec beaucoup de tact, elle sait comment recadrer Marilyn et surtout comment la flatter, sincèrement.
Mais ces épreuves l’épuisent et Marilyn perd vite la foi. La nuit où elle tombe malencontreusement sur le journal intime de son mari, la coupe est pleine. Arthur la décrit comme une fille insipide. Il la dénigre alors qu’elle a tellement besoin de soutien. Oui, le monde l’admire. Ok, les hommes la désirent. Certes, elle n’a qu’à faire un sourire ourlé d’une mouche pour faire tomber Hollywood mais Arthur la rejette. Comme ses précédents maris. Comme sa mère. Comme elle. Comme Olivier qui la prend sûrement pour une sombre idiote. Comme Milton Greene qui s’associe à 49 % aux Marilyn Monroe Productions dans l’espoir d’avoir une retraite dorée et assurée. Elle n’est pas dupe. Mais elle se bat contre tout ça. Elle ne rêve que d’une chose : devenir une grande actrice, reconnue pour ses talents de comédienne et non pour ses hanches voluptueuses.
Elle appelle alors à la rescousse notre rouquin, qui débarque malgré la colère du réalisateur, à l’encontre du co-producteur et accessoirement photographe et ancien amant de miss Monroe, Milton. Colin court, vole, rejoint le chevet de la star car lui non plus ne sait pas lui dire non.
Et là, c’est la parenthèse enchantée. Marilyn en plein déni l’emmène dans son délire. Balade dans les prés fleuris, bain de minuit à midi, baiser effleuré. Il n’en fallait pas tant à Colin pour tomber amoureux, éperdu même. Marilyn ne lui veut aucun mal, mais elle veut surtout qu’il lui veuille du bien. Car elle en a besoin.
Quelques jours d’école buissonnière où Laurence Olivier rumine mais n’a pas d’autres choix que d’attendre la fin du caprice. Colin promet la lune à Marilyn. Oui il l’aime, non il ne l’abandonnera jamais. Mais doucement, tout doucement Marilyn retrouve son rôle et sait déjà qu’il n’y a pas de deuxième chance pour elle. En devenant une icône, elle a renoncer à avoir une identité propre. Elle est celle que les gens veulent, selon les gens. Elle n’a pas le droit de s’y soustraire.
Elle reprend le tournage, merveilleuse. Et il est déjà l’heure de rentrer à New York. Merci Colin mais adieu Colin.
Colin, enfin Eddie Redmayne (“red” quoi, je veux dire, il a quand même des parents qui ont le sens de l’humour) est brillant. Touchant. Intelligent.
Michelle Williams est – et ça me fait mal de le dire – incroyable. Alors non, elle n’est pas un sosie de mon égérie. Mais elle a su, elle l’a regardée, elle l’aime et sait retranscrire ses soupirs, ses moues, ce regard gris paniqué. Parfois je lui reprocherais d’en faire un peu trop, un tout petit peu trop. Mais elle n’a pas parodié. Et il y a des moments absolument dingues où pendant une fraction de seconde, elle est elle. Enfin l’autre. Enfin vous m’avez compris. Elle m’a bluffé.
My Week With Marilyn est un beau film. Les fans de la première heure ne seront pas bafoués et les curieux découvriront les dessous d’un tournage entre deux nations, les intérêts de chacun, les gueguerres à taire pour ne pas perdre un budget et les efforts à fournir pour ne pas perdre sa tête d’affiche.
Une surprise, une bonne. Si j’étais vous, j’irais changer d’avis sur les fausses blondes.

mardi 16 octobre 2012

Autant en emporte le vent qu'à la fin la cruche se casse.

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autant en emporte le vent
Pour les Dimanches pluvieux je préconise toujours un bon thé, un plaid en mohair et un vieux film. En général, j’aurais tendance à conseiller Les 10 Commandements. Oui, parce que voir Charlton Heston à moitié nu pendant 4h, ça ne peut que vous réchauffer la plus frileuse des journées chômées.
Mais ça c’était avant ce Dimanche.
Dimanche, j’ai regardé Autant en emporte le vent. Parce que je trouvais que c’était de saison. Pis ça me taraudait depuis un moment : pourquoi ce film était ce qu’il était, un classique, une référence, un monument et un attrape-Oscars ? Et pourquoi est-ce que j’ai toujours eu l’impression que ce film faisait sourire les gens ? Comme s’il était un peu ridicule, nian-nian, pire : #old.
Gone with the wind donc. Ça fait très Elton John. Et moi, Elton, je l’aime bien. Oui aujourd’hui je vous fais des confessions inavouables.
Sorti en 1939, ce film va suivre une sudiste qui n’a pas froid aux yeux et a un coeur d’artichaut. En gros. Et sans me positionner comme une spécialiste du genre (je parle de film hein, pas de coeur d’artichaut), j’ai été très surprise par la modernité du scénario, par le rapport qu’entretiennent nos héros pas tellement héroïques. Et je vous préviens. Je vais spoiler à mort parce que bon, à part moi, qui en 2012 n’a pas encore vu ce chef d’oeuvre ?
Bon déjà. A qui pensaient-ils faire croire que Vivien Leigh démarre le film avec 16 années au compteur ? Non parce que si elle est belle à se damner, elle a autant 16 ans que moi. C’est peu dire. Après, on oublie vite ce détail car l’histoire nous emporte. Avec le vent donc.
On démarre dans une belle propriété, Tara de son p’tit nom. L’ambiance est un peu tendue car visiblement les Yankees ont décidé de conquérir le Sud et on s’attend d’une minute à l’autre à ce que la guerre soit déclarée.
Scarlett (Vivien inside) porte une robe à frous frous, c’est à dire qu’il y en a tellement que je ne peux m’empêcher de me demander comment elle s’y prend quand elle doit aller aux petits coins. Ben oui. Même Scarlett a des besoins triviaux. Bref. Je vous préviens, on ne le saura jamais car le film a décidé de ne pas traiter des vrais problèmes.
Scarlett est belle et tous les hommes de la région sont amoureux d’elle. Même vous, vous verrez. Mais Scarlett est amoureuse d’un type qui pourrait être son père, Ashley (en plus il a un prénom de fille, et le pire, c’est que son nom de la vraie vie est aussi un prénom de fille. Leslie. C’te honte), qui n’a pas joué franc-jeu avec elle en la laissant espérer et qui va pourtant se marier avec sa cousine. A l’époque, on ne s’encombre pas de l’éthique. “T’es ma cousine, je suis ton cousin, on se connaît, pas de surprise, et avec un peu de chance nos enfants seront en bonne santé”.
De dépit, Miss O’Hara épouse en quatrième vitesse un garçon au visage poupon qui la regarde avec les yeux de l’amour.
Paf.
La guerre de Sécession éclate. Tous ces jeunes gens partent au front. Tous ? Non. Un irréductible n’a pas été invité, tout viré de l’armée qu’il est. Rhett. Rhett Butler. Tout en moustache et oreilles décollées, il n’en est pas moins über séduisant et là on se dit (enfin, je) “bah ça alors, mais il est beau en fait Clark Gable ?!”.
Rhett a reperé Scarlett. Superbe, odieuse, égocentrique, intéressée et cupide. Il voit en elle son alter ego et ne tarde pas à lui faire savoir. Sauf que le timing dans ce film, c’est une grosse blague : quand il se décide à lui dire des trucs sympas, Scarlett est veuve. Bon. Pas malheureuse hein, n’oublions pas qu’elle n’était pas éprise de son mari. Mais veuve et contrainte à respecter un temps une attitude honorable. Elle vit alors avec la fameuse cousine, Mélanie, une femme généreuse et intelligente qui ne se doute pas une seconde que sa Scarlett chérie envisage de lui piquer son mari à la première occasion.
Notre veuve s’ennuie, étouffe dans ses robes noires, pis la guerre ne l’amuse pas. Pas d’hommes pour la courtiser, par contre beaucoup de blessés, beaucoup de sang, elle aide Mélanie à soigner tout ce monde mais entre nous, hein, elle préférait un bon pique-nique avec une ombrelle.
Alors que la guerre fait rage et que les types du Nord sont aux portes de la ville, Scarlett en a sa claque. Elle prend la décision de quitter la ville pour rejoindre Tara et ses parents. Le temps d’accoucher la brave Mélanie avec les moyens du bord et elle appelle Rhett pour qu’il ait la gentillesse de lui trouver une voiture et de l’emmener loin de cet enfer.
C’est un brave gars Butler. Il se la joue un peu mais au final, il est là quand elle a besoin. Jusqu’au moment où la culpabilité le terrasse. A force de croiser tous ces soldats unijambistes, il a honte et décide de s’enrôler.
Scarlett retrouve un domaine dévasté. Maman est morte, Papa est devenu fou de chagrin et les frangines sont inutiles. Elle ne se laisse pas abattre et se rappelant avec ferveur les paroles de son paternel sur l’importance de la terre, de sa terre, elle plante du coton et fait tourner la maison.
Les mois passent, les Yankees ont gagné. Les impôts excessifs poussent notre brunette à rechercher Rhett. Riche comme il est, il va bien lui donner quelques billets en échange d’un baiser non ? Pas de bol, à ce moment là il joue au poker avec ses geôliers mais sinon ça aurait été avec plaisir.
Scarlett ayant toujours plusieurs cordes à son arc, pis dans la vie, faut pas s’en faire, elle vole le prétendant de sa frangine, qui vient d’ouvrir un commerce en ville et dont les affaires marchent au poil. Alors elle se brouille un peu avec sa soeur. Mais bon, elle a sauvé Tara de l’expropriation pis elle est de nouveau bien habillée avec des robes qui exigent deux servantes (noires, les servantes) pour l’enfiler. D’une certaine manière, elle relance l’économie.
Son premier amour et accessoirement mari de Mélanie rentre vaincu mais pas mort. Ce qui est déjà pas mal et voilà notre mistinguette décidé à faire valoir ses charmes. Bon. Ce n’est pas concluant, il s’avère que monsieur préfère son épouse. Mais il se laisse embaucher à la scierie que miss dirige, comme ça ils ne sont jamais trop éloignés l’un de l’autre.
La vie reprend à Atlanta. Rhett sort de prison. Sa dulcinée est encore mariée, décidément. Mais pas pour longtemps. Alors qu’au détour d’un chemin elle se fait agresser par deux bandits, son mari, vieux mais pas prêteur va lancer une attaque vengeresse pour sauver l’honneur de la bafouée. Sauf qu’il n’a rien d’un tireur d’élite et y laisse sa peau. Rebelote, on ressort les robes lugubres et la mine de circonstance.
Mais cette fois Rhett ne va pas attendre qu’on lui chipe encore son butin. Il met un genou à terre à peine le cercueil enseveli. Pis Scarlett qui est bonne en maths voit tout de suite qu’elle juteuse association ils feront ensemble.
Ils sont richissimes. Du genre, vraiment riches. Elle lui donne un enfant, une fille. Elle n’a pas vraiment la fibre maternelle. Toujours aussi égoïste la Scarlett. On joue beaucoup à « je t’aime moi non plus » à la maison.
Alors que Rhett pense avoir gagné la partie, que sa femme a cédé et l’aime enfin, il la surprend en train d’admirer le médaillon du bellâtre du début. Furax, il emmène sa fille en voyage, prêt à divorcer. Oui. c’est un précurseur le Rhett.
Et là, Scarlett commence à comprendre. Qu’il lui manque, que peut être elle l’aime un peu.
A peine est-il rentré qu’une dispute éclate et Scarlett chute dans les escaliers. Après une courte convalescence, c’est leur fillette qui tombe à poney (oui, il y a même des poneys dans ce film) et meurt. Ravagés par le chagrin, ils doivent pourtant faire preuve de courage quand c’est Mélanie qui passe l’arme à gauche.
Vous l’aurez compris, ça finit mal Autant en emporte le vent.
Le mari de la cousine, Ashley est inconsolable. Scarlett est dévastée et Rhett est convaincu qu’elle va profiter que la voie soit libre pour partir retrouver enfin son amour Ashley.
Grave erreur Rhett. Grave erreur. Ta femme a eu le temps de réfléchir. Et elle a réalisé que cet amour pour Ashley n’était qu’un caprice de jeunesse et qu’elle t’aime, toi, avec ta moustache et tes oreilles décollées.
Elle va te le dire, te le pleurer, te supplier, elle pourtant si fière mais tu n’entendras rien (et pourtant, tu as les appendices adéquats). Tu vas partir sans lui jeter un regard.
Scarlett va donc pleurer un coup dans les escaliers avant de relever la tête, le regard brillant, tourné vers le souvenir de Tara. Tara, sa terre, son amour de toujours. C’est décidé, demain elle repart vivre à la campagne. Seule. Mais plus forte que jamais.
Voilà.
Pas de happy end. Pas de baiser romantique sur fond de soleil couchant. Juste une silhouette, celle de Vivien Leigh, en contre jour, devant le domaine majestueux de Tara. Et plein de questions : Hein ? Quoi ? Mais en fait il la quitte ? Mais ? Quoi ! Musique. Violons. Fin.

mercredi 3 octobre 2012

Revolution : Il va faire tout noir.

Vous retrouvez cette chronique sur le formidable blog de AnotherWhisky
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Aujourd’hui je vous parle du nouveau Lost.
Oui.
La nouvelle production de J.J. Abrams débarque aux Etats-Unis.
Mais quand je dis “débarque” je m’emporte un peu. Cette fois, ça ne se passe pas sur une île mais dans la campagne illinoise.
Mais sinon, on ne devrait pas être dépaysé. Les acteurs sont beaux, sexy, propres et rasés de près même après des jours de marche dans la forêt.
Les méchants sont vraiment méchants.
On retrouve également des types qui ont tout pour être méchants mais on a un doute. Y’en a même un qui ferait un super boyfriend à la blondinette qui mène la danse.
Pis alors pas de bol, au lieu de retourner avec – je sais pas moi – Sawyer ou le corréen super… fort – il nous refourgue Juliet. En plus rousse. En plus Meredith Grey en fait.
Ouais. Je sais.
Bon. Mais que je vous raconte. Parce que mis à part mes critiques attendues, l’idée de départ est plutôt chouette. Ça commence de nos jours, à Chicago. On voit maman Juliet avec ses adorables bambins qui ont un véritable potentiel pour les prochaines pub Blédina. Quand débarque en trombe Papa tout paniqué qui balance tout de go à sa femme “ça arrive !”. L’air du type qui sait. Sa femme visiblement un peu moins. Et quand Bugs Bunny se fige dans l’écran de télé, les enfants l’ont mauvaise. Le chef de famille a tout juste le temps (et finalement il a quand même le temps de faire tout ça) de télécharger un truc secret sur sa clef USB super design et de passer un dernier coup de fil sur son iPhone pour avertir son frère, Miles et c’est le black out. D’un seul coup, plus rien.
Le noir.
La panne générale.
Les voitures qui s’arrêtent. Les portières qui claquent. Les avions qui chutent. La panique. Le chaos.
Le frangin est au milieu de l’autoroute avec son coéquipier aux bouclettes louches. Et je ne crois pas si bien dire.
Paf. Générique.
Revolution ça se passe 15 ans après. L’humanité s’est organisée et nous allons suivre un groupe – pour faire simple on va retrouver les mêmes qu’au début – qui tentent de survivre dans ce nouveau moyen âge. Les pays n’existent plus. L’électricité est un vieux souvenir. Un type (alors je ne vous dis pas qui mais suivez mon regard) s’est décrété chef suprême. En gros. Et il a une milice sous ses ordres. Et tenez-vous bien, le type qui dirige ses soldats n’est autre que Gustavo dans Breaking Bad. Le mec il a quand même un karma bien pourri. Il présente bien, a une voix douce. On ne se méfie pas. Mais soit il deale à grande échelle, soit il tue à tour de bras.
La milice s’est fixée une mission : retrouvez le père du début pour lui soutirer des infos (et brûler tous les drapeaux américains aussi). Ils sont convaincus que lui seul sait pourquoi le monde moderne s’est brutalement arrêté et du coup, qu’il doit avoir une idée de comment faire pour y retourner. Bon, ils sont pas experts en diplomatie. Tout le monde n’a pas eu la chance de bosser avec Jack Bauer. Donc ça tourne court. Et mal. Pour ne pas rentrer les mains vides, ils kidnappent le fiston.
Quand la frangine revient de la forêt (cette fois on a une Kate jeune, blonde et absolument adorable), Charlie de son p’tit nom. Elle est très colère. Ça commence à bien faire : alors déjà, à genre 5 ans on lui a enlevé la télé et la glace. Ensuite avant de disparaître, y’a sa mère qui lui fait promettre les yeux dans les yeux larmoyants que désormais elle a la responsabilité de son petit frère asthmatique. Tout ça sans ventoline. Maman disparaît, meure ou déménage, on ne sait pas trop. Charlie apprend à se faire à l’idée, grandit et là on lui tue son père (ça va, c’est pas vraiment du spoile ça) et on lui vole son frère. C’est à dire que bon… ça fait beaucoup pour cette gamine.
Elle n’a donc pas le choix. Au moment de mourir (c’est fou le nombre de trucs que ce mec aura su faire dans les moments les plus critiques de sa vie), son père lui ordonne de retrouver son oncle, Miles qui saura l’aider à remettre la main sur la milice et accessoirement le frangin. Elle fait donc son sac à dos (avec, à coups sûrs, une lotion pour cheveux secs) et part, affublée de la belle mère qui (comme c’est pratique) a quelques notions d’herboriste-médecin et d’un geek un peu enrobé qui a peur de son ombre mais porte sur lui le Graal. Comprendre, la clef USB qui lui a été confiée par Super Daddy.
Je continue ou ça vous suffit ?
Non parce que… en vrac… la forêt est à peu près aussi dangereuse que la jungle de Lost. L’herbe pousse dans les avions aussi. Et on retrouve des personnages qui n’ont l’air de rien mais qui visiblement vont jouer un rôle mega important dans l’histoire. Comme la nana planquée dans sa maison de campagne qui – on ne sait pas comment – a un espèce de minitel qui fonctionne et une ampoule qui s’allume. Et en plus, elle communique avec on ne sait pas qui mais on sent tout de suite – on nous l’a fait pas à nous – que c’est genre de la vraie info.
Moralité ? Ça marche. Deux épisodes plus tard et ma mauvaise foi en bandoulière, j’attends la suite. Qui est-elle ? Avec qui parle-t-elle ? Pourquoi du jour au lendemain le monde a-t-il arrêté de tourner rond ? Et si ça nous arrivait à nous aussi ? Et si et si et si… et bref. Me voilà enrôlée pour la première saison.

mercredi 22 août 2012

Keep in Touch

Vous retrouvez cette chronique sur l'incroyable blog de AnotherWhisky
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L’été. L’engourdissement. Ce creux dans lequel flottent quelques séries jusque là ignorées. Et parfois aussi une bonne surprise qui surnage, fait quelques brasses et sort de l’eau avec le corps d’Ursula Andress et/ou Sean Connery (rayez la mention inutile).
Touch est ma découverte estivale. Déjà accrochez-vous, on retrouve Jack Bauer. Il a pris un sérieux coup de vieux depuis sa période super héros mais il n’est pas encore à la retraite. Jack qui ici oeuvre sous un pseudo, Martin Bohm. Martin est veuf. Victime collatérale du 11 Septembre. Il a un fils, Jake, bouclé, ténébreux et autiste.
C’est à dire que le môme n’a plus dit un mot depuis le décès de sa mère et pique une crise de nerf si jamais on tente de lui caresser les bouclettes.
Inutile de vous dire que l’ambiance à la maison est des plus pesantes.
Martin est dévasté, rappelez-vous comme il fait bien le mec concerné et déprimé. C’est simple, Kiefer Sutherland sourire ? Plutôt mourir. Mais pour froncer les sourcils, courir dans New York à perdre haleine et crier des phrases clichés, là y’a du monde !
On fait donc connaissance avec cette famille monoparentale, où Papa Martin galère comme pas deux avec fiston. Jusqu’au jour où il comprend. Non, son fils qui gribouille des pages et des pages de la même série de chiffres n’est pas complètement perché, il essaie de lui dire quelque chose, et se répète.
Par un jeu de numérologie à faire pâlir de honte Elizabeth Teissier, Jake a le pouvoir de voir des connexions invisibles entre les gens, connexions invisibles pour le commun des mortels. Un peu comme une carte routière géante. Ou un plan de métro planétaire. Jake a le GPS universel. En gros.
Selon lui et une poignée d’autres élus (notamment un vieux sage incarné par Danny Glover) que nous croisons au détour des épisodes, il sait. Il voit. Par ces chiffres, il peut anticiper des évènements qui relient les humains, les appréhender et intervenir pour avoir un happy end. C’est magique.
N’oublions pas que le créateur de cette série n’est autre que Tim Kring, le papa de “Heroes”.
Certains voient “des gens qui sont morts”, ben lui il voit des fils entre les gens bien vivants. Son père se prend un peu les pieds dedans au début mais rapidement – attendez, il s’agit de Jack Bauer quand même – il se lance dans l’aventure, prêt à tout pour montrer à son fils et aux autorités sociales qui voudraient lui retirer la garde, qu’ils peuvent communiquer ensemble. L’autorité est représentée ici par une jolie éducatrice qui se prend d’amitié pour nos deux compères et va braver ses supérieurs pour gagner du temps et réunir al fine Martin et Jake. Je ne serais pas surprise que Martin et cette Clea fricottent avant la fin de la saison d’ailleurs. Mais on n’est pas dans une série de midinettes donc je garde pour moi mes intuitions.
Martin-Jack voit donc la suite de chiffres, la retient et reste ouvert aux signes extérieurs qui ne manquent pas d’arriver. Un panneau d’affichage, une phrase prononcée par un inconnu, un café renversé et qui forme un dessin ou mieux, un nombre ? Paf ! il fait la connexion.
Dès les premiers épisodes, à eux deux – ou presque – ils réunissent un couple, aident à rendre célèbre une jeune chanteuse et – excusez-moi du peu – déjouent un attentat.
Et ça, ce n’est que le début. A vous de voir la suite.
Touch c’est un peu “L’Effet Papillon” sauf que tu n’as pas droit à l’erreur car tu pourras pas revenir en arrière pour recommencer.
Alors oui, c’est un peu tiré par les cheveux, pis on nage un peu dans les bons sentiments. Après ses années de service comme agent fédéral, Kiefer sait désamorcer la plus tenace des vengeresses en quelques minutes seulement. Avec juste quelques phrases bien senties, qu’on aurait pu écrire nous-même parfois, mais bon… y’a pas de mal à se laisser porter par un scénario ridiculement optimiste hein. Pis ça vous fera voyager. Gratis.