Booster

Killer Queen

  Et d’un coup, ils se sont mis au garde à vous. Soldats fiables, qui ne tremblent pas quand il faut se dresser. Je les ai senti les u...

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mercredi 22 août 2012

Keep in Touch

Vous retrouvez cette chronique sur l'incroyable blog de AnotherWhisky
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L’été. L’engourdissement. Ce creux dans lequel flottent quelques séries jusque là ignorées. Et parfois aussi une bonne surprise qui surnage, fait quelques brasses et sort de l’eau avec le corps d’Ursula Andress et/ou Sean Connery (rayez la mention inutile).
Touch est ma découverte estivale. Déjà accrochez-vous, on retrouve Jack Bauer. Il a pris un sérieux coup de vieux depuis sa période super héros mais il n’est pas encore à la retraite. Jack qui ici oeuvre sous un pseudo, Martin Bohm. Martin est veuf. Victime collatérale du 11 Septembre. Il a un fils, Jake, bouclé, ténébreux et autiste.
C’est à dire que le môme n’a plus dit un mot depuis le décès de sa mère et pique une crise de nerf si jamais on tente de lui caresser les bouclettes.
Inutile de vous dire que l’ambiance à la maison est des plus pesantes.
Martin est dévasté, rappelez-vous comme il fait bien le mec concerné et déprimé. C’est simple, Kiefer Sutherland sourire ? Plutôt mourir. Mais pour froncer les sourcils, courir dans New York à perdre haleine et crier des phrases clichés, là y’a du monde !
On fait donc connaissance avec cette famille monoparentale, où Papa Martin galère comme pas deux avec fiston. Jusqu’au jour où il comprend. Non, son fils qui gribouille des pages et des pages de la même série de chiffres n’est pas complètement perché, il essaie de lui dire quelque chose, et se répète.
Par un jeu de numérologie à faire pâlir de honte Elizabeth Teissier, Jake a le pouvoir de voir des connexions invisibles entre les gens, connexions invisibles pour le commun des mortels. Un peu comme une carte routière géante. Ou un plan de métro planétaire. Jake a le GPS universel. En gros.
Selon lui et une poignée d’autres élus (notamment un vieux sage incarné par Danny Glover) que nous croisons au détour des épisodes, il sait. Il voit. Par ces chiffres, il peut anticiper des évènements qui relient les humains, les appréhender et intervenir pour avoir un happy end. C’est magique.
N’oublions pas que le créateur de cette série n’est autre que Tim Kring, le papa de “Heroes”.
Certains voient “des gens qui sont morts”, ben lui il voit des fils entre les gens bien vivants. Son père se prend un peu les pieds dedans au début mais rapidement – attendez, il s’agit de Jack Bauer quand même – il se lance dans l’aventure, prêt à tout pour montrer à son fils et aux autorités sociales qui voudraient lui retirer la garde, qu’ils peuvent communiquer ensemble. L’autorité est représentée ici par une jolie éducatrice qui se prend d’amitié pour nos deux compères et va braver ses supérieurs pour gagner du temps et réunir al fine Martin et Jake. Je ne serais pas surprise que Martin et cette Clea fricottent avant la fin de la saison d’ailleurs. Mais on n’est pas dans une série de midinettes donc je garde pour moi mes intuitions.
Martin-Jack voit donc la suite de chiffres, la retient et reste ouvert aux signes extérieurs qui ne manquent pas d’arriver. Un panneau d’affichage, une phrase prononcée par un inconnu, un café renversé et qui forme un dessin ou mieux, un nombre ? Paf ! il fait la connexion.
Dès les premiers épisodes, à eux deux – ou presque – ils réunissent un couple, aident à rendre célèbre une jeune chanteuse et – excusez-moi du peu – déjouent un attentat.
Et ça, ce n’est que le début. A vous de voir la suite.
Touch c’est un peu “L’Effet Papillon” sauf que tu n’as pas droit à l’erreur car tu pourras pas revenir en arrière pour recommencer.
Alors oui, c’est un peu tiré par les cheveux, pis on nage un peu dans les bons sentiments. Après ses années de service comme agent fédéral, Kiefer sait désamorcer la plus tenace des vengeresses en quelques minutes seulement. Avec juste quelques phrases bien senties, qu’on aurait pu écrire nous-même parfois, mais bon… y’a pas de mal à se laisser porter par un scénario ridiculement optimiste hein. Pis ça vous fera voyager. Gratis.

mercredi 4 juillet 2012

Nurse Jackie, attention : infirmière à cran

Vous retrouvez cette chronique sur le merveilleux blog de AnotherWhisky
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C’est fou le nombre de série dites “médicales” quand même. Soit c’est ça, soit c’est moi et je cultive sans le savoir une frustration pour une improbable carrière de piqueuse. Allez savoir. Je tourne pourtant de l’oeil à chaque prise de sang. Ça serait pervers quand même…
Cette fois donc je vais m’attaquer à Nurse Jackie.
C’est un peu mon Dr House à moi. Sauf qu’elle n’a pas le même diplôme, pis elle n’a pas de canne, pis on tombe rarement sur des cas de lupus. Ce qui m’arrange un peu, je n’étais pas très concentrée avec House, moralité je ne sais toujours pas comment on le reconnaît. Oui, j’ai honte.
Mais sinon, c’est tout pareil. Jackie (comme Maman Sardou mais pas pareil) a mal au dos et prend moult cachets interdits à la vente libre. Elle est rarement aimable. Elle fait trop d’heures.
Jackie a un mari très joli et deux filles un peu névrosées. Faut dire qu’elle voient peu leur mère. Que le papa est barman, rentre tard aussi. Disons les choses clairement : ces deux gamines sont livrées à elle-même dans la jungle new-yorkaise. Ça donne une apprentie pyromane et une suicidaire en puissance.
Maman Jackie travaille donc aux urgences d’un hôpital redécoré par Benoît XVI. Pour supporter les patients et ses abrutis de collègue (j’y viens), elle se drogue. Oui. Jackie est une junkie. (badoum da).
Pour obtenir ces précieuses pilules illégales, elle vole un minimum la pharmacie mais s’envoie en l’air sans vergogne avec le pharmacien. Reconnaissant, il lui fournit ce que sa douleur exige.
Le bougre est bêtement tombé amoureux de la blondinette et ignore tout de son historique. Etant donné que madame enlève son alliance tous les matins, on peut comprendre sa méprise.
Monsieur son mari est une bombe et réunit à lui seul tout ce qu’on demande à un prince charmant. Il est donc également naïf et n’a pas idée de ce que fricotte sa nana. Et entre nous, moi je ne comprends pas ce que lui fait avec Jackie Peyton. Mais passons.
Côté professionnel, notre infirmière est vernie : une jeune assistante déguisée en laborantine de cabinet vétérinaire (comprendre qu’elle porte des blouses avec des lapins et des arc-en-ciel), pleine de bonne volonté, un peu trop même. Un ambulancier amoureux de la laborantine. A peu près aussi doué dans la vie. Touchant avec son air de Big Lebowski dit The Duc donc.
On retrouve aussi une Gloria, chef incapable qui surveille son personnel pour justifier son job. Cooper, un jeune médecin égocentré, convaincu de sa supériorité sur le commun des mortels mais qui se ridiculisent régulièrement. En effet, Fitch – de son p’tit nom – a des réactions plutôt inattendues quand il subit une pression. Et alors si l’oppresseur est une femme, le résultat est immédiat : il pose ses mains sur les seins du tyran et reste coincé, bêtement.
Ça vous casse un mythe ça…
Enfin, Jackie est amie avec le Dr O’Hara, délicieuse actrice avec un accent anglais bourgeois que j’aime tant. Toujours là pour assurer les arrières de son amie volage et pour la remettre à sa place aussi. Le concept du tacle, c’est elle qui l’a inventé.
Ça nous fait une belle brochette de déjantés. Moi j’aime bien les séries qui me sortent de mon quotidien, où on flirte avec le politiquement-pas-correct-du-tout, limite le trash (coucou Shameless), avec une pointe d’humanité toutefois. Jackie a quelques remords, par moments. Mais c’est un cercle vicieux, la culpabilité entraîne la culpabilité. Pis elle n’a pas le temps pour regretter. Gérer sa vie ? Bien peu pour elle, elle doit déjà s’occuper des urgences et c’est le cirque.
Alors quand sa vie la rattrape, que ses mensonges sont éventés… plus qu’une chose à faire : la fuite en avant !
Et ça décoiffe. Episodes courts, cinglants, souvent drôles (je me souviens avec émotion de cet épisode où Cooper découvre Twitter et tweete sa journée, les remontrances de Jackie, ses opérations en direct…). Je suis souvent mal à l’aise aussi. Le pharmacien ne me dit rien qui vaille. Pis on sent que quelque chose va craquer. On regarde avec appréhension, on attend le clash ou la porte qui va claquer.
Aujourd’hui la saison 4 est en diffusion. Jackie a les cheveux plus longs et de bonnes résolutions. Je dois avouer que je suis un peu sceptique après un premier épisode. L’homme est un loup pour l’homme, je compte bien la voir plonger avant de se racheter.
Ma moralité me perdra.