Booster

Killer Queen

  Et d’un coup, ils se sont mis au garde à vous. Soldats fiables, qui ne tremblent pas quand il faut se dresser. Je les ai senti les u...

jeudi 17 mai 2012

Fringe. Comme X-Files, mais en mieux.

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Ce qui est quand même fort agréable quand on ne se pose pas en spécialiste ou en critique, c’est qu’on peut juste donner son avis. Son émotion.
Aujourd’hui j’ai envie de vous parler de mon Fringe. Avec mes yeux, mes oreilles et mon système pileux mis à rude épreuve.
Bon alors si vous n’êtes pas titulaire d’un master en sciences, chimie, bio et génétique, je tiens quand même à vous prévenir qu’il faudra – comme moi – vous accrocher.
Chaque épisode fera travailler vos neurones, vous triturera les méninges, vous obligera à vous ouvrir l’esprit. Et ça fait du bien !
Vous voyez X-Files ? Ben c’est dans la même veine mais sans crop circles et sans avoir à supporter David Duchovny. Et bon… C’est peut être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup (spéciale cace-dédi à Michel B. J’assume).
J’ai toujours eu du mal avec Mulder. Pis aujourd’hui je sais que ça vient de l’acteur et pas du personnage. Autant que vous soyez prévenus, je n’écrirai jamais sur Californication. Ou alors ça sera un moment vraiment désagréable pour vous. Vous m’avez épargné pour Game of Thrones, mon silence sur ce coup là sera ma façon de vous remercier.
Tout commence normalement. La scène se passe à Boston. Jusque là, tout va bien. Mais il se passe des trucs vraiment chelous à Boston et ailleurs aussi. Des trucs que même les enquêteurs de NCIS ne sauraient pas résoudre.
Moralité le FBI a décider de créer une section spéciale top secrète : la section Fringe. Mais chut faut pas le dire.
Ce qu’on peut dire par contre c’est qu’ils vont être aussi bien équipés que l’équipe de choc Mulder-Scully : là les mecs auront des lampes torches de compét’. Si t’es le méchant, ne perds pas ton temps à te planquer la nuit, le rayon lumineux te trouvera et te rendra aveugle en prime.
Ça doit être une condition sine qua non pour rentrer au FBI : savoir manier ta lampe de poche. À tous les coups, ils te font même passer des tests en pleine nuit par temps brumeux pour voir si tu te prends un platane. Si ça se trouve, ils poussent même le vice à t’envoyer en camping avec une dynamo. Mais je n’ose pas l’imaginer.
Bon bref. Si vous avez aimé l’ambiance et les thèmes abordés dans X-Files, vous avez une chance d’accrocher avec Fringe. Même le générique est mieux. Moins flippant. Je me revois encore braver la pénombre du salon parental pour tenir compagnie au frangin sur le canapé, pétrifiée dès les premières notes… Et je ne vous parle pas du moment où je devais rejoindre ma chambre en passant par le couloir éteint. Des années pour m’en remettre, prête à me faire une raison : le fantastique, le paranormal et autres bizarreries devront restent dans le domaine du fantasme. C’était sans compter sur J.J. Abrams (merci encore pour Lost, mec).
Je me demande quel avis il a concernant le père Duchovny d’ailleurs.
Mais revenons à ce qui m’amène aujourd’hui. Fringe.
Concernant les personnages, on a la blonde de rigueur. Sauf que si elle est jolie, elle n’est pas démente. Autre indice qui la différencie d’une barbie : elle a un cerveau bien fait. Elle, c’est Olivia Dunham et elle n’est pas au bout de ses surprises.
Pour l’aider dans ses investigations, on lui colle un savant fou. Walter Bishop. Un type qui te donne envie de l’appeler Grand-Père et de lui donner des Werther’s Original. Et si vous n’êtes pas conquis par ce touchant monsieur, sachez que son fils Peter rejoint l’équipe et qu’il s’agit du charmant Joshua Jackson. Et là j’ai une pensée émue pour l’ado que j’étais, pas tout à fait remise de sa période Dawson, qui soupirait pour Joshua qui lui traînait ses baskets à côté de Katie Holmes future Cruise.
Là vous avez le décor et le fil rouge.
Alors que nos deux mollassons chassaient invariablement Roswell la nuit, à Boston, nos trois compères sont réveillés dès potron-minet par le FBI. Et vas-y qu’on leur demande d’aller voir pourquoi tel citoyen a la peau transparente, ou pourquoi un autre meurt avec des blattes qui lui sortent de la peau (bon appétit). Ils enquêteront aussi sur des cas de télékinésie, de télépathie et plein d’autres trucs en -thie. Ou tout simplement on leur proposera de faire un séjour linguistique dans un monde parallèle.
C’est là que ça se corse. Parce que voilà. Il y a deux mondes. Presque identiques. Avec un Walter, une Olivia, un Peter et tous les autres humains de notre planète. Dupliqués mais qui ne feront pas forcément les mêmes choix et pourront avoir une vie sensiblement différente.
Et là ça s’enchaîne. On apprend que Walter a fait des tests sur Olivia quand elle était enfant, moralité, on a une héroïne avait des supers pouvoirs endormis. Peter, c’est bien le fils de Walter, mais de l’autre Walter. Il a été kidnappé gamin pour être ramené chez nous et il n’a aucune idée que son Walter n’est pas le sien. Vous suivez ?
Y’a des types chauves à tendance albinos qui traînent sous des chapeaux sombres et qui observent. Vraisemblablement ils interagissent même avec le Destin. L’air de rien.
On a aussi une machine infernale qui peut détruire l’un ou l’autre monde. Une entreprise florissante et sans scrupule, Massive Dynamic, qui finance les recherches mais prêche aussi pour sa propre paroisse. Comprendre, “on sait jamais, ça fera peut être une bonne arme ce truc”. Massive Dyamic est un peu à la pointe de la technologie. N’oubliez pas les failles spatio-temporelles chez l’honnête citoyen. Et une histoire d’amour contrariée entre nos deux héros.
On a tout. Tout pour plaire à tout le monde Du gore, du compliqué, de l’humour, de l’amour et de la bonne musique. Je me rappelle encore reconnaissante de cet épisode où Walter écoute à donf “Love and Happiness” d’Al Green dans son labo.
Cerise sur le gâteau, nous aurons une saison 5 ! Et si vous n’avez pas l’occasion de regarder Fringe en VO, pas de panique, une fois n’est pas coutume, le doublage est bien fait et plus que crédible.

jeudi 10 mai 2012

Game of Thrones : un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout

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Ce que je m’apprête à faire va me conduire à ma perte. Je vais me suicider sous vos yeux. Et vous m’en voyez navrée.
Vous commencez à me connaître cependant et si je peux être tranchée, je ne suis jamais foncièrement dans le négatif. J’ai peur du noir. Comme d’autres ont peur de l’hiver.
Winter is coming donc.
Game of Thrones.
Je précise qu’en plus d’être déloyale, je vais un peu spoiler. Faute avouée… mais au moins j’ai conscience qu’il y a encore des gens vierges de GOT. Ce qui n’est le cas d’aucun des personnages de la série donc, érotisée pour les beaux yeux du petit écran. Le sexe, c’est vendeur.
Alors que vous étiez tous en train de spoiler (y’a pas que moi donc) la toile, pousser des “hourra” et des “encore” ; moi j’attendais. L’hiver faut croire. L’envie aussi. J’ai commencé Game of Thrones voilà plusieurs mois. Confiante, je me suis enchaînée les premiers épisodes avec un froncement de sourcil qu’il n’était plus possible de masquer.
J’ai donc fait une pause. Une grande pause. Le temps d’une saison à peu près. Le temps que vous vous mettiez tous à regarder, me faisant passer pour une ringarde réac.
Et ce week-end, pour coller à l’actualité française, j’ai replongé avec l’assiduité d’une élève repentante. Motivée par votre ferveur, j’ai mis mon manteau le plus chaud, et j’ai essayé de regarder les Lannister et les Stark s’écharper sans médire.
Déjà bon, ils étaient obligés d’être aussi nombreux les mecs ? Non parce que niveau budget, je pense que Richard Burton peut aller rhabiller sa Cléopâtre.
Après faut aussi se mettre d’accord : on a besoin de figurants mais on n’est pas obligé de les faire parler. S’ils ont réussi un beau casting pour les personnages principaux, je suis au regret de vous dire que donner la parole aux seconds ou troisièmes rôles est parfaitement ridicule. A peu près autant que les sourcils de Khaleesi (et c’est parti pour le jet de pierres, allez-y, j’ai mis un casque). Certains sauvageons et certains barbares du côté des mecs torse poil me semblent tous simplement anachroniques : crêper les cheveux et enfiler des haillons fraîchement tailladés c’est une chose, pas suffisante pour que j’arrête de me dire qu’ils sont nés dans les années 1990.
Ça, c’était pour les critiques directes. Parce que malgré toutes mes piques balancées allégrement, j’aime bien.
Game of Thrones – série médiévale-fantastique (ça nous change des séries médicales, avouez) réunit tout ce que j’aime : des complots tordus, un jeu de chaises musicales mais où la chaise est un trône (de fer) (suivez un peu), des méchants absolument révoltants, des promesses de bouleversements qui vous font tenir en haleine jusqu’à la fin de la saison. Et même après. Oui parce que si ça se regarde avec plaisir, faut quand même avouer que niveau molassitude, ils se posent là. A part quand ils nous occient… oxient ? oO Occ… qu’ils nous décapitent vous-savez-qui. J’étais révoltée.
Prenez le Joeffrey par exemple. Etre odieux à ce point relève du défi. Déjà qu’il avait une tête à claques, au fil des épisodes, il est monté en grade et pas que sur le trône.
Pas mieux du côté de la reine mère. Ça ne suffit pas d’avoir de beaux cheveux. Cela dit, depuis que son fils est devenu Roi, elle passerait presque pour un enfant de choeur.
En parlant de mère courage, je n’ai pas évoqué la parfaite Catlyn Stark parce qu’en plus d’être sublime, elle a une classe de dingue, très moderne dans son indépendance et toujours bien coiffée. Les chiens ne font pas des chats : quand on voit le chemin que prend son fiston Robb, on comprend mieux.
En parlant de cheveux, je m’interroge : le type qui porte deux tresses en guise de barbe : c’est pour palier un manque de poils ? est-ce que vous pensez qu’il les détresse tous les soirs en se couchant pour les brosser ?
Mes questions perturbent souvent mes séances de visionnage.
Du côté de la blondinette chez les barbares, la Khaleesi, Daenerys de son p’tit nom : ben moi, vous voyez, je commençais à la trouver intéressante (et ce, dès que j’ai réussi à faire abstraction de ses sourcils et de sa bouche sûrement siliconée). Elle était même passionnante dès qu’elle se trouvait à côté, très à côté – de Khal Drogo : elle avait toute mon attention et lui tout mon amour. Euh. Hum.
A un moment, j’ai même cru qu’elle allait nous faire un remake de “Ni Putes Ni Soumises”. Mais ça, c’était avant. Avant qu’elle nous ponde des dragons. Parce que là clairement, on a basculé dans Jurassic Park.
Ne vous méprenez pas, j’aime beaucoup les dragonnosaures.
Pareil : j’adore les zombies. Et ô joie, apparemment Game of Thrones a vraiment tout réuni parce que figurez-vous que les vilains méchants pas beaux qui vivent de l’autre côté du mur, les chevilles enfoncées dans la neige immaculée, ne sont rien d’autre que des morts-vivants ! Trop cool.
J’ai beau avoir l’air de celle qui trouve toujours un truc à redire, j’aime bien. J’aime même beaucoup. L’image est belle. Le personnage de Tyrion Lannister est magnifique. Ils ont réussi à faire de ce nain ignoble, vil, un personnage drôle et sexy. Oui. Sexy. Pas autant que Drogo mais il a un truc. Pis il est riche. Et un Lannister paie toujours ses dettes.
J’ai plaisir à suivre toutes ces familles et ces royaumes (parce que visiblement ils se sont tous déclarés rois les mecs, comme ça, pas de jaloux). Je me languis de revoir Jon Snow. Je détourne les yeux quand on se retrouve en présence du fils Arryn qui tète encore son hystérique de mère. J’apprécie les joutes entre Tyrion et le mercenaire Bronn. Je compatis avec Sansa Stark qui n’a quand même pas de bol. Déjà qu’elle était rousse, maintenant elle est coincée chez le despotique. Pauv’ gosse. Je crois au poids des épées qui défendent des honneurs divergents. En bref, je passe de bons moments, c’est une bonne série, je suis juste vaguement déçue d’avoir cru devoir mettre la barre si haute.
Pis déçue aussi car il n’y a pas de licornes. Mais c’est un autre débat.

mercredi 25 avril 2012

The Big C : la Changement, c'est maintenant

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Promis juré, j’essaierai d’être un peu plus critique dans mes articles mais j’ai deux problèmes : je suis bon public et ce que je regarde est bien (selon moi, ce qui vaut comme un point de vue universel) (si).
Cette fois j’arrive avec mon arc-en-ciel pour vous parler de The Big C.
Ça me donne une bonne occasion de vous dire tout le bien que je pense de Laura Linney.
Mais si, Laura Linney.
La rouquine (oui, rouquine, ou blonde vénitienne si vous préférez. Et moi ça m’arrange) timide de Love Actually.
La morte étouffée de David Gale (z’avez vu ? même pas que je vous spoile, je suis sympa).
Laura Linney qui me fait passer du rire aux larmes (oui ça m’arrive souvent, mais je vous jure que mes hormones vont bien) et inversement. A moins que ce ne soit le contraire.
Et quand je dis “arc-en-ciel” je ne crois pas si bien dire. Cette série parle du cancer. Le BIG C. (l’arc, la recherche, toussa. Mais si, l’ARC, le type qui vole des millions aux gentils donateurs)
Laura-Cathy (avec un C comme dans Cancer) aime bien bronzer en bikini et ce depuis sa plus tendre enfance. Avec sa peau laiteuse et ses grains de beauté. La peau hâlée, ça lui va bien.
Jusqu’au jour où on lui apprend (en l’occurrence un type du corps médical) que ses séances de bronzette, c’est du passé. Le mélanome n’aime pas le soleil.
Première info à encaisser : “j’ai un cancer”.
La suite se corse quand Cathy comprend qu’elle n’a plus qu’un an à vivre. En gros.
Un an. 365 jours et des brouettes.
Alors elle a le choix : pleurer sur son sort ou rattraper le temps perdu qu’elle ne pensait pas avoir perdu vu qu’elle se croyait en bonne santé. Vous suivez ?
Cathy décide que c’est finalement une excellente occasion pour vivre enfin. Envoyer valser tout ce qui la saoule et profiter. PRO-FI-TER.
Et ça mes amis, c’est une grande leçon pour nous autres, pauvres êtres sains.
Bye-bye le mari pour commencer (mari tellement obèse qu’on se demande sincèrement ce qu’elle fiche avec mais passons).
Pis c’est parti pour une ribambelle de supers personnages secondaires qu’elle trouve aussi chouettes que nous : le médecin supra cute qui déprime à la place de l’intéressée, la voisine acariâtre, le fiston qui a l’adolescence qui nous démange les mains (pour le baffer, entendons-nous bien) et le meilleur d’entre tous : le frère anarchiste, écolo, SDF, qui (sé)vit sur le parking d’un supermarché en mangeant directement dans la poubelle – pour pas gâcher – et éructe des insultes sur les capitalistes qui s’aventurent « chez lui » (à ses yeux, la mère de famille qui vient acheter ses paquets de lessive est un suppôt de Satan).
Alors soyons clairs, si Cathy ne veut pas se morfondre, elle va nous tirer quelques larmichettes de temps à autre hein, alors même qu’elle était en train de nous faire sourire deux secondes avant. C’est le principe de la “séquence émotion”.
Cathy fait l’autruche, Cathy brûle la vie un peu des deux bouts. Elle expérimente, elle veut de l’aventure, du vrai.
Elle veut aider aussi. Même ceux qui ne veulent pas de sa main tendue.
Ça commence par son frangin qui préfère camper dans le jardin en passant par une de ses élèves énorme (et encore, mon éducation m’empêche de vous décrire l’étendue de la situation (sans mauvais jeu de mots) mal dans sa peau (tu m’étonnes), qui refuse de s’investir en classe (Cathy est prof. D’histoire il me semble. Mais sa prestation nous fait comprendre qu’elle a jeté l’éponge). Qu’à cela ne tienne, Cathy va la prendre sous son aile et faire rentrer des poneys et des licornes dans sa vie de jeune fille en fleur.
Laura Linney a décidé de produire une petite série qui porte les mêmes couleurs pastels que Desperate mais avec des acteurs qui auraient raté le casting de Shameless.
Et voilà comment en une phrase j’ai fait le lien avec deux précédents posts.
Vous l’aurez compris : j’ai adoré The Big C. Et je ne vous en ai rien dit. Presque rien. Juste a C j’espère… (ce jeu de mot est directement tiré du recueil imaginaire et non exhaustif des répliques cultes de notre ami Laurent Romejko que nous saluons au passage)

samedi 21 avril 2012

Desperate Housewives : vous avez dit desperate ?

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Aujourd’hui je vais m’attaquer à un monument. Non parce que vous parler de Shameless c’était fort agréable mais ça manquait de témérité.
Aujourd’hui je vous parle de Despera te Housewives. Mon Desperate Housewives.
Ça fait plus d’années que ma coquetterie ne m’autorise à l’avouer que je suis, fidèlement, ces bonnes femmes qui vivent dans un décor en carton à la Disneyland.
Déjà la météo. A part une ou deux tempêtes, vous avez déjà vu de la pluie – vous – à Wisteria Lane ?
Moi non.
C’est toujours un soleil insolent qui se reflète dans les cheveux non moins insolents de Bree.
Parlons-en de Bree justement. Huit saisons, pas une ride. Pire. On dirait qu’elle rajeunit !
On se croirait dans The Stepford Wives.
Elle me fait penser à Michel Drucker. Le mec que j’ai toujours vu à la télé, avec le même sourire, la même douceur et qui a vaguement blanchi du cheveu. Ce type est un extraterrestre. Michel Drucker me fait peur.
Il ne sera sûrement pas nécessaire de vous présenter les copines de la rouquine. Mais pour la forme et ceux qui sortent d’une retraite zen au Tibet, nous avons Susan, ex James Bond Girl qui s’est spécialisée dans le rôle de tête à claque. Lynette Scavo qui fait plein d’enfants et crie beaucoup sur son mari. A une époque on avait la nymphomane Edie. Mais celle qu’on ne présente plus, c’est la latino de service, Gabrielle Solis.
Aaah Gabrielle, toute en cheveux, louboutins et sourires Colgate©.
Autre personnage récurrent mais un brin plus discret c’est le presque brun plombier Mike. Et là l’émotion m’empêchera de poursuivre. Pour celles et ceux qui regardent actuellement l’ultime saison, je ne peux vous dire qu’une chose : “Accrochez-vous. Pis prenez des mouchoirs”. Rien de graveleux, entendons-nous bien.
Desperate Housewives. Huit saisons. Au moins autant de morts. Des enfants qui font des enfants. Des bombes sexuelles parfois défigurées pour les exigences de leur rôle de mère de famille. Des méchants pas vraiment méchants. Des gentils finalement pas si gentils.
Honnêtement, après la deuxième saison on se demande ce qu’on fait encore là.
Mais c’est fourbe. Car on les critique, mais on les aime bien. On se demande jusqu’où ils vont aller. Et c’est très rassurant car finalement ils vont à l’endroit prévu dans notre estimation.
Et chaque fin de saison apporte sa tension et son cliffhanger. On pousse inévitablement des “non!” ou des “han!” ou des “pppffff va falloir attendre 6 mois pour savoir”.
Et ce frisson mêlé de déception et d’enthousiasme, moi j’aime.
J’aime encore plus quand ma fidélité est remerciée. Et là je suis servie ! Car cette dernière saison, c’est de la dynamite.
Un peu plus noire, la série ne perd pas son vernis pastel mais il s’écaille pour mon plus grand plaisir. Ça pleure, ça s’écharpe, ça se boude. Les nouvelles recrues sont de savants mélanges des précédentes. L’amour se bafoue, l’argent se salit, la morale s’ignore. Et cette voix, celle de feu Mary-Alice Young, qui nous berce depuis le début… si douce, tranchante pourtant.
J’ai hâte de connaître la suite et la fin. Mais je sais déjà que je retarderai ce moment fatidique car, les adieux, ça n’a jamais été mon truc.

mercredi 18 avril 2012

Shameless, ne soyez pas farouches

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Si vous cherchez une série attendue, policée, une série qui arrondit les angles : passez votre chemin.
J’ai envie de vraie vie, d’engueulades qui plaisantent pas, de chaises qui traversent la pièce, de grossesse adolescente, d’alcool, de drogue, de sexe. De rock’n’roll.
J’ai envie de vous parler de Shameless.
La version américaine.
Un jour, je vous donnerai mon avis sur l’originale, mais pas aujourd’hui. Non aujourd’hui je vais vanter les mérites de ces scénaristes amerloques qui font pâlir de honte les nôtres. Enfin j’espère.
Shameless donc. C’est à peu près aussi drôle qu’émouvant. En général complètement barré. Des acteurs exceptionnels car cette fois ils ne sont pas beaux. (je ne sais pas vous mais perso j’ai du mal à croire que les acteurs de Gossip Girl vivent sur ma planète et je couperais bien les cheveux à tous les blondasses qui sévissent outre-Atlantique)
Bon, presque moches donc, un peu sex aussi (c’est mal mais c’est sain), certains arrivent même à être séduisants. Pour changer, nous allons suivre des acteurs qui nous ressemblent. Surtout vous. Moi ça va je n’ai pas à me plaindre. (pas taper)
Physique banal, vices, caractère de cochon. Quand je dis “ils vous ressemblent” c’est surtout si vous vivez avec toute votre famille, que l’un d’entre vous a des problèmes de boisson, que votre vocabulaire se limite aux insanités et mots courants.
Mais si on ne s’identifie pas, on ne s’apitoie pas non plus.
C’est simple: je les aime tellement que je finis par me retrouver complice de leurs magouilles. Parfois très astucieuses. On apprend par exemple comment faire jouer son assurance en mettant en scène un accident entre un vélo, une voiture et le fiston. Ben moi franchement je trouve ça utile. Même si je n’ai pas d’assurance vie. Ni de fils.
Oui parce qu’il s’agit un peu de parasites dans Shameless. Papa alcoolique, odieux, parfois touchant (j’ai dit parfois). Maman envolée avec une lesbienne camionneuse. Fille aînée à la tête d’une famille de dures à cuire. N’oublions pas le fiston surdoué mais ultra rebelle.
Ca, c’est pour le gros de la troupe.
Concernant les personnages secondaires, vous avez aussi un couple de voisins qui réunissent à eux seuls tout le potentiel sexuel de la série.
La femme complètement agoraphobe, sujette à des crises d’angoisse terribles si elle met un pied en dehors de chez elle, avec des canapés protégés par des housses en plastique. Et là, il ne s’agit que du haut de l’iceberg.
Shameless ça sent la bière tiède qui donne mal à la tête. Faut dire aussi que c’est bruyant tous ces gamins livrés à eux-mêmes. Mais on s’attache à ces gens. Si vous n’êtes pas encore convaincus, j’ai oublié de mentionner que le rôle masculin a été donné à un charmant jeune homme qui se retrouve souvent nu pour des raisons évidentes de fidélisation du public féminin.
Vous en dire plus serait criminel. C’est un petit bijou brut. Faut pas se laisser intimider.

mercredi 9 novembre 2011

Schtroumpf Grognon

Y'a des jours où c'est pas le jour. Et ça fait deux jours que ça dure. Et si je vous dis que j'entrevois la fin de votre calvaire dans - laissez-moi compter - trois jours, je suis à près sûre que vous ne verrez pas le point de cette phrase qui est pourtant juste là : .

Y'a des semaines dans l'année où on devrait avoir le droit d'hiberner, de se rouler en boule sous notre couette, où on pourrait se nourrir exclusivement de cappuccinos en plastique et de Lucky convertibles. Ou le goudron ne serait pas un drame pour nos artères ou nos poumons. Ou les M&m's n'iraient pas directement se cacher dans nos hanches suffisamment généreuses.

Une semaine (ou deux) par an où notre employeur nous raccompagnerait gentiment (et par la main) vers la sortie sans pour autant nous virer mais juste pour que nous puissions râler ailleurs, sans entrave.

Une semaine où on pourrait critiquer Bree Van de Kamp qui n'a pas pris une ride en 10 ans. (C'est même pire que ça : la meuf, elle est plus belle d'année en année. A tous les coups, elle a le droit d'avoir sa semaine à elle, c'est son secret beauté. Nous aussi, si on nous autorisait à faire ce break, on aurait le cheveu orange et l'oeil pétillant. Et on gagnerait l'équivalent de mon salaire pour une journée de tournage à Wisteria Lane.)

Une semaine rien qu'à nous, loin du monde, loin de lui, et de lui, et d'elle, et d'eux. Non parce que bon on les aime bien. Mais on les aimerait mieux couler dans le béton. Enfin je parle pour moi. Pis j'ai vu Mike (attention : Spoiler) traîner ses rangers dans un chantier avec une chape en béton rutilante. Moralité, j'ai des envies de maçon. Des envies de béton et de niveau à bulle, hein, pas de maçon. Quoique.
Une semaine donc pour mater des séries made in USA où les filles sont gracieuses, sexy et intrépides. Des nanas qui nous filent des complexes et qui pourtant n'existent pas. (Ouais, j'ai réussi à me convaincre que non, Damon est peut être méga sex en vampire, mais les vampires, ça n'existe pas. Matt Bomer est juste démentiel de sexytude mais il est aussi indécemment gay, et Chuck Bass file un mauvais coton.)

Sept jours pour se gaver de sentiments à l'eau de rose, pour se pendre au téléphone (c'est une image, en 2011 on serait bien en peine de parvenir à un tel exploit) (vas-y, essaie de te pendre avec ton iPhone, je regarde), pour dire tout le bien qu'on ne pense pas de notre boulot qui nous manque quand même un peu. Sept jours et le septième promis : je me repose. One week de jours ouvrables pour se plaindre. Pour se vautrer même dans la boueuse attitude qui me colle à la peau depuis deux jours (déjà deux jours, que le temps passe).

C'est bien de lui que vient le problème. Le temps. Qui passe.

Il me reste trois jours pour accepter l'inévitable. Bordel. Je suis pas prête. Et aussi : qu'est-ce que je vais me mettre ?
J'ai une liste longue comme le bras d'un mec qui a le bras long de choses à faire avant mes 29 ans et comment dire... j'ai pris un peu de retard.
Notamment sur la question de concevoir un héritier (que j'appellerais Samuel et qui porterait une salopette de hipster avec des boucles qui dépassent de son bonnet en laine, parce que l'hiver arrive et qui me tiendrait le doigt avec sa petite menotte pour finalement plonger ses grands yeux sombres dans les miens pour me souffler un "je t'aime maman").

Ca et devenir star interplanétaire aussi.

Et en trois jours, ça me semble compliqué.
Ou alors, je vole un enfant mediatiquement connu (et là j'hésite, parce que je suis moyennement intéressée par le fruit de Nicolas et son italienne) et d'une pierre, deux coups ! Paf, je passe au 20h papa-maman, allumez le magnétoscope !

Bref. C'est pas le jour. J'ai déjà envisagé une quinzaine de tortures à infliger à l'abruti de casteur. Mais comme j'ai été hyper bien élevée, j'ai juste réussi à lui parler un peu mal et sans m'en excuser.
j'ai déjà mentalement agrafé les oreilles de la stagiaire. Gifflé douze fois au moins le rédac chef qui se prend pour Dieu. Alors que Dieu lui même n'a pas réussi à m'agacer et pourtant je suis un public facile dernièrement.
J'ai ravalé mes envies de "renvoyage chier tout le monde" et j'avoue que ça m'est resté coincé en travers de la gorge.
Et comme je n'ai pas eu le droit de rester roulée en boule dans mon placard avec la Terreur à Poils en otage dans ma dérive émotionnelle, je suis là. A soupirer. A grogner. A fumer. A refumer. A balancer un stylo (mes accès de colère sont stupéfiants, je sais). Tiens, et si j'allais fumer ?

Pis pour atteindre le comble du ridicule, il n'y a pas 24h, j'assurais que ce blog ne deviendrait pas la vitrine de ma vie.
Ben là aussi. J'ai ripé.

Vous êtes toujours là ?

...

...

...

Bon ben je vais fumer.

mardi 8 novembre 2011

Like a Virgin

Je me dis souvent que je devrais me balader avec un carnet. Et un stylo. Un beau stylo plume que j'aurais été me choisir personnellement. Qui glisse sur le papier, qui écrit tendrement. Si en plus il pouvait subvenir à mes ruptures d'inspiration je serais la plus heureuse des femmes.
Si.
Sauf que je n'ai jamais de carnet sur moi. Que je laisse les idées se développer, se raconter dans ma tête hilare et s'évaporer aussi sec.
Sauf que je n'ai pas de stylo plume car je serais bien en peine de savoir encore écrire avec un tel engin sans me fouler un doigt
Sauf que je ne sais plus écrire manuscritement parlant.
Je suis donc condamnée à me laisser envahir de bons mots, d'anecdotes et devoir les laisser agoniser jusqu'à ce que leur râle ne soit plus qu'un vague souvenir.
Estimons-nous heureux, le flot de mauvaises idées, de sujets moyens disparaît en même temps.
Je vais finir avec un cerveau vide. Léger.
Le rêve.
Je vais perdre mes idées comme les arbres perdent leurs feuilles. M'effeuiller.
A ce sujet, j'avais imaginé toute une histoire très enfantine et très drôle. Mais comme feuillets au vent... ppfiut... je revois les arbres d'automne. Ceux qui apparaissent à ma fenêtre. Que j'ai le plaisir de saluer du regard le matin quand je laisse le jour (ou le gris, ça dépend du jour justement) faire irruption dans mon intimité.
Sauf que... sans crier gare, ces grands dadais ont commencé à perdre leur feuillage feuillu et vert. Un matin ils étaient comme je les ai toujours connu. Au moins depuis Juin. Quelques heures plus tard je ne sais plus qui m'observent, à qui sont ces branches nues et sans gêne.
Comble du ridicule, la synchronisation chez les arbres est complètement surfaite.
On pourrait penser qu'à une date bien précise, ils se donnent tous rendez-vous pour la tombée, la perte inévitable de leurs feuilles. "Attention les gars, à 3!" Et paf. A 3 les feuilles se décrochent et atterrissent sur un trottoir trop content d'être ainsi caressé.
Mais non, comme partout, il y a les retardataires, ceux qui ne lisent pas leurs mails, ceux qui volontairement veulent se démarquer.
"Les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît".
Je n'ai pas le talent de Pierre D. mais j'ai aussi ma petite expérience du con et là, à regarder ces arbres à moitié dégarnis, je vous le dis comme je le pense : y'a un con qui cloche et qui s'accroche à ses feuilles comme si sa vie en dépendait.
Que faire ?
Nos dégarnis ne peuvent plus faire machine arrière. Imaginez le topo : un arbre tout nu, rouge de honte, qui discrètement essaierait d'étirer ses branches pour ramasser des feuilles pourrissantes à ses pied et recouvrir sa virginité. Déjà c'est pas folichon niveau hygiène. Non parce que vous avez vu comme moi ce qui jonchent habituellement les trottoirs parisiens et on se passera de commentaire. Pis à moins d'être planté dans un parc désert au fin fond du 16ème, ça va être difficile de se contorsionner sans se faire remarquer. "Après la voiture, je me penche rapidement pour me coller cette feuille sur le tronc, hop!" "Dès que la petite vieille a fini d'arpenter la rue, je réquisitionne toutes les feuilles du caniveau !"
Non mais sérieusement.
Non le mieux à ce moment de l'histoire reste de garder la tête haute. La branche nue mais fière qui ignore dédaigneusement cet original qui se couvre de feuilles jaunâtres.
Un peu de fierté que diable !
Et avec un peu de patience, les révoltés se rangeront à l'avis général. C'est ce qu'ils font toujours.
Ils s'accorderont pour dire qu'il n'y a plus de saison (ce qui leur permettra élégamment de faire amende honorable sans perdre la face) et enfin, discrètement, sans bruit, un matin, je ne verrai plus rien que des arbres dépouillés et endormis pour une longue nuit.