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Killer Queen

  Et d’un coup, ils se sont mis au garde à vous. Soldats fiables, qui ne tremblent pas quand il faut se dresser. Je les ai senti les u...

mardi 8 novembre 2011

Like a Virgin

Je me dis souvent que je devrais me balader avec un carnet. Et un stylo. Un beau stylo plume que j'aurais été me choisir personnellement. Qui glisse sur le papier, qui écrit tendrement. Si en plus il pouvait subvenir à mes ruptures d'inspiration je serais la plus heureuse des femmes.
Si.
Sauf que je n'ai jamais de carnet sur moi. Que je laisse les idées se développer, se raconter dans ma tête hilare et s'évaporer aussi sec.
Sauf que je n'ai pas de stylo plume car je serais bien en peine de savoir encore écrire avec un tel engin sans me fouler un doigt
Sauf que je ne sais plus écrire manuscritement parlant.
Je suis donc condamnée à me laisser envahir de bons mots, d'anecdotes et devoir les laisser agoniser jusqu'à ce que leur râle ne soit plus qu'un vague souvenir.
Estimons-nous heureux, le flot de mauvaises idées, de sujets moyens disparaît en même temps.
Je vais finir avec un cerveau vide. Léger.
Le rêve.
Je vais perdre mes idées comme les arbres perdent leurs feuilles. M'effeuiller.
A ce sujet, j'avais imaginé toute une histoire très enfantine et très drôle. Mais comme feuillets au vent... ppfiut... je revois les arbres d'automne. Ceux qui apparaissent à ma fenêtre. Que j'ai le plaisir de saluer du regard le matin quand je laisse le jour (ou le gris, ça dépend du jour justement) faire irruption dans mon intimité.
Sauf que... sans crier gare, ces grands dadais ont commencé à perdre leur feuillage feuillu et vert. Un matin ils étaient comme je les ai toujours connu. Au moins depuis Juin. Quelques heures plus tard je ne sais plus qui m'observent, à qui sont ces branches nues et sans gêne.
Comble du ridicule, la synchronisation chez les arbres est complètement surfaite.
On pourrait penser qu'à une date bien précise, ils se donnent tous rendez-vous pour la tombée, la perte inévitable de leurs feuilles. "Attention les gars, à 3!" Et paf. A 3 les feuilles se décrochent et atterrissent sur un trottoir trop content d'être ainsi caressé.
Mais non, comme partout, il y a les retardataires, ceux qui ne lisent pas leurs mails, ceux qui volontairement veulent se démarquer.
"Les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît".
Je n'ai pas le talent de Pierre D. mais j'ai aussi ma petite expérience du con et là, à regarder ces arbres à moitié dégarnis, je vous le dis comme je le pense : y'a un con qui cloche et qui s'accroche à ses feuilles comme si sa vie en dépendait.
Que faire ?
Nos dégarnis ne peuvent plus faire machine arrière. Imaginez le topo : un arbre tout nu, rouge de honte, qui discrètement essaierait d'étirer ses branches pour ramasser des feuilles pourrissantes à ses pied et recouvrir sa virginité. Déjà c'est pas folichon niveau hygiène. Non parce que vous avez vu comme moi ce qui jonchent habituellement les trottoirs parisiens et on se passera de commentaire. Pis à moins d'être planté dans un parc désert au fin fond du 16ème, ça va être difficile de se contorsionner sans se faire remarquer. "Après la voiture, je me penche rapidement pour me coller cette feuille sur le tronc, hop!" "Dès que la petite vieille a fini d'arpenter la rue, je réquisitionne toutes les feuilles du caniveau !"
Non mais sérieusement.
Non le mieux à ce moment de l'histoire reste de garder la tête haute. La branche nue mais fière qui ignore dédaigneusement cet original qui se couvre de feuilles jaunâtres.
Un peu de fierté que diable !
Et avec un peu de patience, les révoltés se rangeront à l'avis général. C'est ce qu'ils font toujours.
Ils s'accorderont pour dire qu'il n'y a plus de saison (ce qui leur permettra élégamment de faire amende honorable sans perdre la face) et enfin, discrètement, sans bruit, un matin, je ne verrai plus rien que des arbres dépouillés et endormis pour une longue nuit.




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