J'imagine que préparer un voyage doit s'apparenter ("apparenter" - verbe du 1er groupe - terme employé pour - par exemple - expliquer poliment et sans sarcasme que Manuel Valls a quitté le PS pour s'acoquiner avec les Marcheurs d'Emmanuel) à la préparation d'un film.
Je vous dis ça... je ne fais pas de films.
Enfin je "me" fais des films mais quelque chose me dit que c'est sensiblement différent.
Mais j'ai le sentiment qu'il doit y avoir des similitudes ("similitude"... ouais non. Achetez-vous un dictionnaire) entre voir du pays et filmer une fiction.
On ne veut rien oublier, on veut que ce soit grandiose, on veut que ça reste gravé à jamais dans nos mémoires et nos coeurs, on veut frissonner, rire et pleurer, on veut être bouleversé, transcendé. On veut un planning fluide, des haltes paradisiaques et un toit (ou au moins un lit) tous les soirs.
On veut penser à tout avant de se lancer. On veut tout prévoir.
Au final, on oublie le dentifrice ou l'anti-moustique. On oublie qu'on n'a pas souscrit de forfait international. On oublie les égos des uns, des autres. La météo. Les grèves en France, les pannes ailleurs. Et notre film/voyage prendra une tournure... plus exotique.
J-100 avant mon décollage pour Bali.
Oui. J'y retourne. Je ne vous avais pas dit ? Ça m'étonne. Je suis en boucle.
Je mange, je dors, je bois, je respire indonésien depuis plusieurs mois.
Je compte. Les jours et mes sous.
Je m'interroge.
Où aller ? Combien de temps ? Comment y aller ? Est-ce que je veux rencontrer d'autres touristes ? Est-ce que je ne veux pas plutôt m'incruster chez les locaux pour me faire adopter par une famille balinaise ? Est-ce que je vais vraiment essayer de leur parler en indonésien ? Est-ce que je vais oser ? Qu'est-ce que je fais de mon téléphone quand j'irai me baigner ? Et mon sac ? Et si je prenais un vélo pour rigoler ? Est-ce que c'est risqué si je veux donner une caresse à un chien tout moche ? Ça coûte combien de roupies de sillonner Bali avec un chauffeur privé ? Et comment elles font ces australiennes pour être aussi bien foutues en buvant autant de bières ? Et il est où le plus beau soleil couchant ? Est-ce que c'est vrai que si je bois du vinaigre avant de dormir, mon sang s'acidifie (je suis quasi sûre que ça se dit) et dégoûte le moustique gourmet ? Comment je fais pour choisir mon chauffeur/guide/francophone/futur prof d'indonésien maintenant que j'en ai contacté whatmille et qu'ils ont l'air tous aussi gentils les uns que les autres et qu'ils ont tous une famille à nourrir hein ? Comment je choisis à qui je dis non ? Est-ce que je ramène des petits souvenirs de Paris pour mes futurs amis que je ne manquerai pas de me faire ? (il est impossible que la poisse prenne l'avion avec moi) Est-ce que ça ne serait pas un peu présomptueux et colonialiste comme attitude ? Est-ce que je leur dis que selon mon arbre généalogique j'ai du sang hollandais qui coule dans mes veines (mais je ne sais pas quel bras) ? Est-ce que je prends une villa et je rayonne en partant de là ? Est-ce que je dois prévoir mon itinéraire ou je verrai sur place ? Est-ce que je vais réussir à écrire tous les jours pour raconter mon voyage ? Comment on dit "procrastiner" en indonésien ?
Je suis fatiguée. Je suis partagée. 100 jours c'est beaucoup. 100 jours ce n'est rien.
Je ne serai jamais prête. Et paradoxalement je ne veux rien préparer.
Je pars dans tous les sens. Je me perds sur le site Balisolo. Je plonge avec Villa-Bali. Je me projette. Je m'y vois. Je sens la caresse du soleil le matin tôt, j'entends les coqs, je vois les rizières en plissant les yeux, une brume de chaleur qui monte de la terre. Je sens l'odeur du kopi épicé et je salive d'avance. Tout à l'heure, je mangerai sûrement un pancake à la banane ou à l'ananas. Et je me promettrai de goûter l'autre demain. J'enfilerai un short par dessus mon bikini et je serai prête. Je suis déjà prête. Je suis super prête, assise à mon bureau ou caler dans mon canapé un peu raide. Prête à partir, prête à vivre.
Je sais déjà que ça va être un véritable crève-coeur de rentrer. C'est à dire que je ne suis pas encore partie mais je veux déjà y retourner.
Je n'aurais jamais le temps de tout voir. Les chutes d'eau, les rizières, la jungle, les temples, les villages reculés, les plages de rêve, les gens, les marchés.
Ici tout me pèse, ma routine, le métro, le boulot, les horaires. J'ai par contre une réserve d'énergie insoupçonnée pour l'île des Dieux. Tout vivre, tout goûter, tout ressentir, tout capturer avec mes yeux, avec mes mots. Tout graver à jamais dans le marbre de mon cerveau têtu.
Je veux que mon film soit mythique. Que mes acteurs soient parfaits. Je veux tenir le rôle principal, savoir aussi utiliser la lumière, choisir une bande son impeccable. Que mon histoire tienne la route. Et pourquoi pas... envisager une suite ?
Dites... c'est quand qu'on arrive ?
Booster
Killer Queen
Et d’un coup, ils se sont mis au garde à vous. Soldats fiables, qui ne tremblent pas quand il faut se dresser. Je les ai senti les u...
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mardi 27 juin 2017
vendredi 17 février 2017
Avis de recherche : Guillaume Canet.
Pas de mouvement brusque.
Pas de panique.
Mais on a perdu Guillaume Canet.
Ou alors on l'a retrouvé.
Non. Voilà. Je suis paumée moi.
Je n'arrive pas à savoir.
Est-il devenu complètement fou ou est-il finalement génial ?
Je viens de voir "Rock'n'Roll".
Et je...
Je vais essayer de vous raconter ce qu'il se passe. Mais je vais méchamment spoiler aussi.
Bon déjà l'affiche. Gribouillé au marqueur par un gamin de 7 ans, le titre : "Rock'nRoll". Bon. En arrière-plan, Papa - pardon Papy - Guillaume et Maman Marion.
Ok.
Bon.
Film qui sort de la maison, mon professionnalisme (ma curiosité) et ma loyauté (toujours ma curiosité puis une pointe de "je n'ai rien de mieux à faire ce Vendredi soir") m'ont entraîné au MK2. Là, une foule - du genre compacte - se presse aux deux malheureuses machines en état de marche. A ce niveau, à part mon désœuvrement, je ne sais pas ce qui m'a fait rester.
Je n'ai aucun plaisir à être bousculée par les parisiens. Aucun confort à piétiner. Je reste parce que je suis là. Et que je n'ai pas très envie de retrouver le métro.
Nous y voilà donc. Salle immense, remplie au tiers. Ça commence bien. Alors que je suis sûre que "La La Land" fait toujours salle comble. Et sans moi !
Mais le film commence et on se retrouve avec Guillaume Canet. Qui joue Guillaume Canet. Enfin qui n'a pas l'air de jouer d'ailleurs. C'est Guillaume Canet quoi.
Il tourne un film.
Apparemment notre génie aime les mises en abîme. D'ailleurs, question abîme, il y va tout droit. Brave gars quand même...
Je vous la fais courte (si si je suis cap') : Guillaume tourne avec une blondinette qui a l'âge d'être sa fille. Elle joue d'ailleurs sa fille dans le film du film. Vous suivez ?
Au bout de quelques jours de tournage idylliques, une journaliste se pointe pour interviewer les deux têtes d'affiches. Et là. Le monde de Guillaume s'écroule : il est devenu vieux. Il ne l'a pas vu venir. On lui reproche à demi-mots qu'il n'est pas "rock'n'roll".
Tout s'explique.
Guillaume rentre tout penaud à la maison, sous le choc, et retrouve Marion et fiston.
Bon alors là arrêtons-nous un instant : si elle ne sait pas mourir, c'est qu'elle a un potentiel comique de dingue, la môme. Elle vient d'apprendre qu'elle est retenue pour le prochain Nolan (mise en abîme je vous dis) et a décidé de s'entraîner à parler avec l'accent et les expressions québecois. Genre tout le temps.
Alors mise à part cette direction cocasse, c'est tout de même un peu gênant, parce que bon... ben on est chez les Canet-Cotillard. Chez eux. Dans leur chambre. Et niveau voyeurisme ça se pose là.
Guillaume flippe la race sa grand-mère car sa femme (superbe, lumineuse, douce) a le vent en poupe et lui a le corps qui le trahit, des cheveux grisonnants, des bras ridicules et un problème de testicule. Gauche.
Ou droit.
On s'en fout.
C'est le début d'une descente aux enfers. Et il va nous faire assister à toutes les étapes. Sans compromis. Sans hypocrisie Et avec une autodérision qui frôle la folie.
Il va commencer par vouloir se remettre en selle, revoir les copains (coucou Gilles Lelouche, va falloir se mettre au régime vieux !), sortir faire la bringue (oui il parle comme ça Guillaume). Et ça va mal finir. Sur YouTube.
Il va vouloir décrocher le rôle d'un jeune premier et va se ridiculiser.
Il va voir Pierre Niney récupérer le César à sa place.
Il va finir par devenir odieux sur le plateau et se faire virer du film après un esclandre super gênant.
Il va même se taper l'incruste chez l'ancêtre du rock'n'roll, chez Johnny himself.(là on ne sait plus vraiment si le vieux rocker nous fait rire avec lui ou à ses dépens, mais on se marre).
C'est le moment pour la prise de conscience.
Mais alors qu'on lui souhaite de se ressaisir, Guillaume prend une décision pathétique.
Et j'ai une pensée émue pour tous ceux qui ont dû subir la vision d'une telle déchéance de leurs proches. Guillaume Canet va se faire lifter.
...
Au début c'est discret. Des pommettes à peine rehaussées, des yeux reposés. Il a l'air en forme, rajeuni.
Mais tandis que Marion est chez nos cousins outre-Atlantique, il plonge. Il se fait repulper les lèvres.
C'est... c'est ? What the fuck man ?!
Il se refait virer du film. Il est méconnaissable.
Puis il va se faire remonter les bretelles par les boss, les Attal - l'un des deux est vraiment producteur de son état. Yvan Attal - qui est là parce que tout de même avec un nom pareil ça aurait été dommage de laisser de côté - est parfaitement consterné par son ami et on le comprend.
Il aurait aussi besoin de se laver les cheveux mais je me suis déjà tellement moquée de Benjamin Biolay que je n'ai plus aucune munition pour lui.
Bref. Guillaume dégringole. Et ce n'est que le début. Pas du film entendons-nous bien (heureusement remarquez).
Marion passe en coup de vent, constate l'étendue des dégâts et lui somme d'arrêter fissa sa crise de la quarantaine car sinon elle le quitte.
Ouais ouais. Marion quitterait Guillaume s'il continue à vouloir ressembler (attention je vais lâcher le mot qui me brûle les lèvres depuis deux heures) aux Bogdanov.
Bon ben elle va donc le quitter car notre taré de Guillaume a continué à se métamorphoser en un truc qui ressemble très vaguement et de dos à celui qu'on connaissait, puis il va se mettre à la muscu. Très sérieusement.
Les kiosques sont placardés d'affiches annonçant le célibat de Marion.
Guillaume Canet gonfle.
C'est effrayant.
Et un poil excitant quand Marion croise le père de son fils et qu'au détour d'un changement de pull elle aperçoit les abdos et tout plein d'autres muscles qui se trouvent ici.
Le ralenti, la musique débile (on parle de la B.O de la Boom 2 quand même), le mordillement de lèvres, le gros plan sur les yeux qui se rétrécissent pour évaluer l'autre... tout y est. C'est kitsch. C'est génial. C'est débile, profondément débile.
Une nuit, Marion en larmes et sans accent lui demande de venir la consoler. Elle vient d'apprendre que Léa Seydoux lui avait volé un rôle qu'elle rêvait d'interpréter car elle était désormais... trop vieille...
Bon vous voyez où je veux en venir ?
Ben voilà. Guillaume est appelé aux States pour tourner dans une série, pour jouer un ranger affublé d'un crocodile (d'un crocodile oui, vous avez bien lu). Il a les cheveux longs, blonds, il ne ressemble plus à rien. Il est un autre. Marion finira par l'y rejoindre, éperdue d'amour qu'elle est. Et rejoindra tout naturellement le casting du soap. Siliconée.
Folie ou génie ?
Ok il y a des longueurs.
Mais tout de même, c'est juste touchant, cet acteur - cet homme - qui refuse l'inévitable et essaie de déjouer la mort.
Et c'était risqué et un peu culotté de se montrer sous un jour si pathétique au monde. Il est tellement naturel, tellement lui-même j'imagine. C'est un peu comme si il nous prenait à part et nous racontait sa plus grand peur : qu'il vieillisse et qu'on ne l'aime plus.
Voyons Guillaume... dois-je te rappeler (je cherche)... "Ne le dis à personne" ? "Joyeux Noël" ? et sûrement plein d'autres films où tu étaient très bien. Enfin pas tous hein. Mais tout de même.
Puis ton film nous a fait rire. Car la salle a ri. Bien plus que moi certes (ou pas aux mêmes moments disons). Mais pari réussi. C'est déjanté. C'est loufoque.
Si jamais tu en doutais, avec ce dernier film, pas de doute, rock'n'roll, tu l'es.
Limite un peu trop.
Pas de panique.
Mais on a perdu Guillaume Canet.
Ou alors on l'a retrouvé.
Non. Voilà. Je suis paumée moi.
Je n'arrive pas à savoir.
Est-il devenu complètement fou ou est-il finalement génial ?
Je viens de voir "Rock'n'Roll".
Et je...
Je vais essayer de vous raconter ce qu'il se passe. Mais je vais méchamment spoiler aussi.
Bon déjà l'affiche. Gribouillé au marqueur par un gamin de 7 ans, le titre : "Rock'nRoll". Bon. En arrière-plan, Papa - pardon Papy - Guillaume et Maman Marion.
Ok.
Bon.
Film qui sort de la maison, mon professionnalisme (ma curiosité) et ma loyauté (toujours ma curiosité puis une pointe de "je n'ai rien de mieux à faire ce Vendredi soir") m'ont entraîné au MK2. Là, une foule - du genre compacte - se presse aux deux malheureuses machines en état de marche. A ce niveau, à part mon désœuvrement, je ne sais pas ce qui m'a fait rester.
Je n'ai aucun plaisir à être bousculée par les parisiens. Aucun confort à piétiner. Je reste parce que je suis là. Et que je n'ai pas très envie de retrouver le métro.
Nous y voilà donc. Salle immense, remplie au tiers. Ça commence bien. Alors que je suis sûre que "La La Land" fait toujours salle comble. Et sans moi !
Mais le film commence et on se retrouve avec Guillaume Canet. Qui joue Guillaume Canet. Enfin qui n'a pas l'air de jouer d'ailleurs. C'est Guillaume Canet quoi.
Il tourne un film.
Apparemment notre génie aime les mises en abîme. D'ailleurs, question abîme, il y va tout droit. Brave gars quand même...
Je vous la fais courte (si si je suis cap') : Guillaume tourne avec une blondinette qui a l'âge d'être sa fille. Elle joue d'ailleurs sa fille dans le film du film. Vous suivez ?
Au bout de quelques jours de tournage idylliques, une journaliste se pointe pour interviewer les deux têtes d'affiches. Et là. Le monde de Guillaume s'écroule : il est devenu vieux. Il ne l'a pas vu venir. On lui reproche à demi-mots qu'il n'est pas "rock'n'roll".
Tout s'explique.
Guillaume rentre tout penaud à la maison, sous le choc, et retrouve Marion et fiston.
Bon alors là arrêtons-nous un instant : si elle ne sait pas mourir, c'est qu'elle a un potentiel comique de dingue, la môme. Elle vient d'apprendre qu'elle est retenue pour le prochain Nolan (mise en abîme je vous dis) et a décidé de s'entraîner à parler avec l'accent et les expressions québecois. Genre tout le temps.
Alors mise à part cette direction cocasse, c'est tout de même un peu gênant, parce que bon... ben on est chez les Canet-Cotillard. Chez eux. Dans leur chambre. Et niveau voyeurisme ça se pose là.
Guillaume flippe la race sa grand-mère car sa femme (superbe, lumineuse, douce) a le vent en poupe et lui a le corps qui le trahit, des cheveux grisonnants, des bras ridicules et un problème de testicule. Gauche.
Ou droit.
On s'en fout.
C'est le début d'une descente aux enfers. Et il va nous faire assister à toutes les étapes. Sans compromis. Sans hypocrisie Et avec une autodérision qui frôle la folie.
Il va commencer par vouloir se remettre en selle, revoir les copains (coucou Gilles Lelouche, va falloir se mettre au régime vieux !), sortir faire la bringue (oui il parle comme ça Guillaume). Et ça va mal finir. Sur YouTube.
Il va vouloir décrocher le rôle d'un jeune premier et va se ridiculiser.
Il va voir Pierre Niney récupérer le César à sa place.
Il va finir par devenir odieux sur le plateau et se faire virer du film après un esclandre super gênant.
Il va même se taper l'incruste chez l'ancêtre du rock'n'roll, chez Johnny himself.(là on ne sait plus vraiment si le vieux rocker nous fait rire avec lui ou à ses dépens, mais on se marre).
C'est le moment pour la prise de conscience.
Mais alors qu'on lui souhaite de se ressaisir, Guillaume prend une décision pathétique.
Et j'ai une pensée émue pour tous ceux qui ont dû subir la vision d'une telle déchéance de leurs proches. Guillaume Canet va se faire lifter.
...
Au début c'est discret. Des pommettes à peine rehaussées, des yeux reposés. Il a l'air en forme, rajeuni.
Mais tandis que Marion est chez nos cousins outre-Atlantique, il plonge. Il se fait repulper les lèvres.
C'est... c'est ? What the fuck man ?!
Il se refait virer du film. Il est méconnaissable.
Puis il va se faire remonter les bretelles par les boss, les Attal - l'un des deux est vraiment producteur de son état. Yvan Attal - qui est là parce que tout de même avec un nom pareil ça aurait été dommage de laisser de côté - est parfaitement consterné par son ami et on le comprend.
Il aurait aussi besoin de se laver les cheveux mais je me suis déjà tellement moquée de Benjamin Biolay que je n'ai plus aucune munition pour lui.
Bref. Guillaume dégringole. Et ce n'est que le début. Pas du film entendons-nous bien (heureusement remarquez).
Marion passe en coup de vent, constate l'étendue des dégâts et lui somme d'arrêter fissa sa crise de la quarantaine car sinon elle le quitte.
Ouais ouais. Marion quitterait Guillaume s'il continue à vouloir ressembler (attention je vais lâcher le mot qui me brûle les lèvres depuis deux heures) aux Bogdanov.
Bon ben elle va donc le quitter car notre taré de Guillaume a continué à se métamorphoser en un truc qui ressemble très vaguement et de dos à celui qu'on connaissait, puis il va se mettre à la muscu. Très sérieusement.
Les kiosques sont placardés d'affiches annonçant le célibat de Marion.
Guillaume Canet gonfle.
C'est effrayant.
Et un poil excitant quand Marion croise le père de son fils et qu'au détour d'un changement de pull elle aperçoit les abdos et tout plein d'autres muscles qui se trouvent ici.
Le ralenti, la musique débile (on parle de la B.O de la Boom 2 quand même), le mordillement de lèvres, le gros plan sur les yeux qui se rétrécissent pour évaluer l'autre... tout y est. C'est kitsch. C'est génial. C'est débile, profondément débile.
Une nuit, Marion en larmes et sans accent lui demande de venir la consoler. Elle vient d'apprendre que Léa Seydoux lui avait volé un rôle qu'elle rêvait d'interpréter car elle était désormais... trop vieille...
Bon vous voyez où je veux en venir ?
Ben voilà. Guillaume est appelé aux States pour tourner dans une série, pour jouer un ranger affublé d'un crocodile (d'un crocodile oui, vous avez bien lu). Il a les cheveux longs, blonds, il ne ressemble plus à rien. Il est un autre. Marion finira par l'y rejoindre, éperdue d'amour qu'elle est. Et rejoindra tout naturellement le casting du soap. Siliconée.
Folie ou génie ?
Ok il y a des longueurs.
Mais tout de même, c'est juste touchant, cet acteur - cet homme - qui refuse l'inévitable et essaie de déjouer la mort.
Et c'était risqué et un peu culotté de se montrer sous un jour si pathétique au monde. Il est tellement naturel, tellement lui-même j'imagine. C'est un peu comme si il nous prenait à part et nous racontait sa plus grand peur : qu'il vieillisse et qu'on ne l'aime plus.
Voyons Guillaume... dois-je te rappeler (je cherche)... "Ne le dis à personne" ? "Joyeux Noël" ? et sûrement plein d'autres films où tu étaient très bien. Enfin pas tous hein. Mais tout de même.
Puis ton film nous a fait rire. Car la salle a ri. Bien plus que moi certes (ou pas aux mêmes moments disons). Mais pari réussi. C'est déjanté. C'est loufoque.
Si jamais tu en doutais, avec ce dernier film, pas de doute, rock'n'roll, tu l'es.
Limite un peu trop.
mercredi 17 juin 2015
Un Français
L'important ce n'est pas la chute, mais l'atterrissage.
Et pourtant ils tombent ces français, bien bas.
Marco comme ses copains n'échappent pas à cette gravité.
Mais dès les premiers minutes du film c'est dans son regard paniqué qu'on comprend qu'il voit comment il va se ramasser. Et il a l'intuition qu'il va se faire mal. Il a raison. Il va morfler.
Marco comme ses copains n'échappent pas à cette gravité.
Mais dès les premiers minutes du film c'est dans son regard paniqué qu'on comprend qu'il voit comment il va se ramasser. Et il a l'intuition qu'il va se faire mal. Il a raison. Il va morfler.
Spectatrice impuissante, je l'ai regardé tomber dans ce vide intersidéral qu'est la connerie humaine. Ce long gouffre jalonné de violences, de vérités assenées avec la conviction que seuls ont les gens perdus. Aucune sortie de secours d'indiquées et les hôtesses planent sans décoller.
La peur se cache derrière des certitudes longuement façonnées et assimilées. La peur de l'autre parce que c'est moins ridicule que la peur de soi. La peur qui se mue en violence des mots, en violence physique. Ces coups, ces poings, ces lames qui brillent à la lueur des réverbères. Cette nuit sans fin. Cet ennui malsain.
La peur se cache derrière des certitudes longuement façonnées et assimilées. La peur de l'autre parce que c'est moins ridicule que la peur de soi. La peur qui se mue en violence des mots, en violence physique. Ces coups, ces poings, ces lames qui brillent à la lueur des réverbères. Cette nuit sans fin. Cet ennui malsain.
Mais on ne basculera pas dans le glauque. On le côtoie mais on ne s'abaisse pas à dénoncer l'innommable. L'innommable se dénonce tout seul. Il suffit de le regarder s'acharner. Il suffit de l'entendre se dédouaner en justifiant l'injustifiable. Il suffit de l'écouter mentir, éluder. Loup enragé, malade. Il est dangereux. Il aboie de plus en plus fort, il veut son os pour faire ses crocs. On l'entend de suffisamment loin pour faire la sourde oreille. Ne lui donner aucun crédit, jamais.
Par un habile jeu de cadrage, on accompagne Marco, posé sur son épaule, face à lui, derrière lui, on lui tourne autour, on ne peut que l'observer et mesurer les changements qui s'opèrent. Il cogne, il jure, il lutte. Mais ses yeux trahissent son âme. Il n'est pas complètement perdu. Il n'est pas encore au bout de sa chute. Il suit un mouvement en faisant rouler ses épaules musculeuses sûrement rompues au Klaus (hum) combat.
Et quand seul, il se retrouve face à lui même et face à ses actes passés, il prend en pleine face ses erreurs, ses errements. Et il a la peur de sa vie. Et moi je pleure avec lui.
Le coeur qui s'emballe, le corps qui ne sait plus. Respirer ? Comment ? Se calmer ? Pourquoi ? Se réveiller, enfin. Aucune excuse. La vie ne fait de cadeau à personne, on se doit de l'intégrer. Et même si la vue de ce père incontinent et ivre m'a bouleversé, je ne crois pas qu'un être humain peut se cacher derrière un autre.
Il a sa dose le paternel, il n'a pas besoin de ça en prime.
Et quand seul, il se retrouve face à lui même et face à ses actes passés, il prend en pleine face ses erreurs, ses errements. Et il a la peur de sa vie. Et moi je pleure avec lui.
Le coeur qui s'emballe, le corps qui ne sait plus. Respirer ? Comment ? Se calmer ? Pourquoi ? Se réveiller, enfin. Aucune excuse. La vie ne fait de cadeau à personne, on se doit de l'intégrer. Et même si la vue de ce père incontinent et ivre m'a bouleversé, je ne crois pas qu'un être humain peut se cacher derrière un autre.
Il a sa dose le paternel, il n'a pas besoin de ça en prime.
J'ai senti mon coeur se serrer, tellement de fois. J'ai oublié de respirer. Fascinée et impatiente. J'ai vibré d'horreur au début, puis de compassion, de pardon, de fierté enfin. Quel soulagement...
La route est longue avant d'atterrir. Les vents violents et ce foutu parachute qui ne s'ouvre jamais assez vite. Lassé de sa compagnie (ce jeu de mots en rapport avec une série diffusée par France Télévision n'est pas du tout là par hasard) de guignols fascistes, il prend la tangente. Nous emmène au soleil. Oui il fuit. Et alors ? On parle de dignité là, pas d'obstination. On parle de respect et d'amour. Pas d'exclusion.
La route est longue avant d'atterrir. Les vents violents et ce foutu parachute qui ne s'ouvre jamais assez vite. Lassé de sa compagnie (ce jeu de mots en rapport avec une série diffusée par France Télévision n'est pas du tout là par hasard) de guignols fascistes, il prend la tangente. Nous emmène au soleil. Oui il fuit. Et alors ? On parle de dignité là, pas d'obstination. On parle de respect et d'amour. Pas d'exclusion.
Nous n'avons pas tous flirté avec ce côté obscur, mais nous pouvons tous changer de route. Enfin je vous le souhaite. C'est tout l'intérêt du libre arbitre.
Marco se prend en main. (au figuré hein, même si effectivement en début de film il le fera au sens propre et ça reste pour moi le moment le plus gênant en terme de violation d'intimité. J'en rougis encore. Comme ces soirs, devant le film du Dimanche soir avec les parents sur le canapé familial, où je baissais les yeux, honteuse de voir cette scène de sexe à leurs côtés.)
Marco assume et il avance. Il ne prendra plus part aux horreurs. Il voit ses amis, encore, se débattre et commettre le pire. Actes désespérés de gens qui sont tombés si bas, qu'ils ont commencé à creuser. Les mains pleines de sang. La bouche pleine d'insanités.
Il ne fait aucun procès, il choisit pour lui. Il part. Se reconstruit. Les cheveux plus longs, la barbe bien taillée, il faudrait le déshabiller pour voir les stigmates se cette ancienne vie (prem's ! Je suis volontaire !) On lui donnerait le bon dieu sans confession. Mais il n'en voudrait pas. Honnête ce français. Et il file droit.
Il ne fait aucun procès, il choisit pour lui. Il part. Se reconstruit. Les cheveux plus longs, la barbe bien taillée, il faudrait le déshabiller pour voir les stigmates se cette ancienne vie (prem's ! Je suis volontaire !) On lui donnerait le bon dieu sans confession. Mais il n'en voudrait pas. Honnête ce français. Et il file droit.
Alors oui ok, je vous ai presque tout dit. Mais pourtant vous n'avez rien vu. Allez y. Changez vos plans pour une fois, pour un soir. Foncez. Parisiens, vous êtes vernis, Un Français est projeté largement. Les autres... une fois de plus vous voilà lésés, oubliés. Mais une grande ville intelligente (il en reste plein) le diffuse sûrement et justement, vous n'êtes pas partis en week-end depuis un moment !
Allez-y. Diastème mérite de voir son film à l'affiche de longues semaines. Ce film magistral est nécessaire. Vous avez besoin de le voir.
Mais vous verrez, j'ai raison. Je sais... c'est agaçant à force.
Allez vibrer. Votre coeur a besoin d'émotion, votre cerveau a besoin de cette gifle pour se remettre les idées en place.
Vous avez besoin d'espoir et Marco vous en donnera. Vous ne l'aimerez pas tout à fait comme moi, d'ailleurs, j'aimerais autant pas mais vous serez bluffés par cet immense acteur qu'est Alban Lenoir.
Vous avez besoin d'espoir et Marco vous en donnera. Vous ne l'aimerez pas tout à fait comme moi, d'ailleurs, j'aimerais autant pas mais vous serez bluffés par cet immense acteur qu'est Alban Lenoir.
Un Français a besoin de vous. Si j'osais je dirais même que la France a besoin d'Un Français.
Moi je l'ai vu deux fois, et ça ne suffit pas. J'y retournerai jusqu'à plus soif.
Pis je ne vous demande pas l'impossible, je vous propose d'aller voir un grand film au cinéma. Ça vous changera. Alors pas d'excuse !
Et on ne lâche rien. Merci.
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