J'imagine que préparer un voyage doit s'apparenter ("apparenter" - verbe du 1er groupe - terme employé pour - par exemple - expliquer poliment et sans sarcasme que Manuel Valls a quitté le PS pour s'acoquiner avec les Marcheurs d'Emmanuel) à la préparation d'un film.
Je vous dis ça... je ne fais pas de films.
Enfin je "me" fais des films mais quelque chose me dit que c'est sensiblement différent.
Mais j'ai le sentiment qu'il doit y avoir des similitudes ("similitude"... ouais non. Achetez-vous un dictionnaire) entre voir du pays et filmer une fiction.
On ne veut rien oublier, on veut que ce soit grandiose, on veut que ça reste gravé à jamais dans nos mémoires et nos coeurs, on veut frissonner, rire et pleurer, on veut être bouleversé, transcendé. On veut un planning fluide, des haltes paradisiaques et un toit (ou au moins un lit) tous les soirs.
On veut penser à tout avant de se lancer. On veut tout prévoir.
Au final, on oublie le dentifrice ou l'anti-moustique. On oublie qu'on n'a pas souscrit de forfait international. On oublie les égos des uns, des autres. La météo. Les grèves en France, les pannes ailleurs. Et notre film/voyage prendra une tournure... plus exotique.
J-100 avant mon décollage pour Bali.
Oui. J'y retourne. Je ne vous avais pas dit ? Ça m'étonne. Je suis en boucle.
Je mange, je dors, je bois, je respire indonésien depuis plusieurs mois.
Je compte. Les jours et mes sous.
Je m'interroge.
Où aller ? Combien de temps ? Comment y aller ? Est-ce que je veux rencontrer d'autres touristes ? Est-ce que je ne veux pas plutôt m'incruster chez les locaux pour me faire adopter par une famille balinaise ? Est-ce que je vais vraiment essayer de leur parler en indonésien ? Est-ce que je vais oser ? Qu'est-ce que je fais de mon téléphone quand j'irai me baigner ? Et mon sac ? Et si je prenais un vélo pour rigoler ? Est-ce que c'est risqué si je veux donner une caresse à un chien tout moche ? Ça coûte combien de roupies de sillonner Bali avec un chauffeur privé ? Et comment elles font ces australiennes pour être aussi bien foutues en buvant autant de bières ? Et il est où le plus beau soleil couchant ? Est-ce que c'est vrai que si je bois du vinaigre avant de dormir, mon sang s'acidifie (je suis quasi sûre que ça se dit) et dégoûte le moustique gourmet ? Comment je fais pour choisir mon chauffeur/guide/francophone/futur prof d'indonésien maintenant que j'en ai contacté whatmille et qu'ils ont l'air tous aussi gentils les uns que les autres et qu'ils ont tous une famille à nourrir hein ? Comment je choisis à qui je dis non ? Est-ce que je ramène des petits souvenirs de Paris pour mes futurs amis que je ne manquerai pas de me faire ? (il est impossible que la poisse prenne l'avion avec moi) Est-ce que ça ne serait pas un peu présomptueux et colonialiste comme attitude ? Est-ce que je leur dis que selon mon arbre généalogique j'ai du sang hollandais qui coule dans mes veines (mais je ne sais pas quel bras) ? Est-ce que je prends une villa et je rayonne en partant de là ? Est-ce que je dois prévoir mon itinéraire ou je verrai sur place ? Est-ce que je vais réussir à écrire tous les jours pour raconter mon voyage ? Comment on dit "procrastiner" en indonésien ?
Je suis fatiguée. Je suis partagée. 100 jours c'est beaucoup. 100 jours ce n'est rien.
Je ne serai jamais prête. Et paradoxalement je ne veux rien préparer.
Je pars dans tous les sens. Je me perds sur le site Balisolo. Je plonge avec Villa-Bali. Je me projette. Je m'y vois. Je sens la caresse du soleil le matin tôt, j'entends les coqs, je vois les rizières en plissant les yeux, une brume de chaleur qui monte de la terre. Je sens l'odeur du kopi épicé et je salive d'avance. Tout à l'heure, je mangerai sûrement un pancake à la banane ou à l'ananas. Et je me promettrai de goûter l'autre demain. J'enfilerai un short par dessus mon bikini et je serai prête. Je suis déjà prête. Je suis super prête, assise à mon bureau ou caler dans mon canapé un peu raide. Prête à partir, prête à vivre.
Je sais déjà que ça va être un véritable crève-coeur de rentrer. C'est à dire que je ne suis pas encore partie mais je veux déjà y retourner.
Je n'aurais jamais le temps de tout voir. Les chutes d'eau, les rizières, la jungle, les temples, les villages reculés, les plages de rêve, les gens, les marchés.
Ici tout me pèse, ma routine, le métro, le boulot, les horaires. J'ai par contre une réserve d'énergie insoupçonnée pour l'île des Dieux. Tout vivre, tout goûter, tout ressentir, tout capturer avec mes yeux, avec mes mots. Tout graver à jamais dans le marbre de mon cerveau têtu.
Je veux que mon film soit mythique. Que mes acteurs soient parfaits. Je veux tenir le rôle principal, savoir aussi utiliser la lumière, choisir une bande son impeccable. Que mon histoire tienne la route. Et pourquoi pas... envisager une suite ?
Dites... c'est quand qu'on arrive ?
Booster
Killer Queen
Et d’un coup, ils se sont mis au garde à vous. Soldats fiables, qui ne tremblent pas quand il faut se dresser. Je les ai senti les u...
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mardi 27 juin 2017
mardi 13 septembre 2016
En dansant la javanaise - Saya bicara bahasa !
Depuis deux mois, j'essaie de me recentrer. J'ai eu le sentiment, au retour de Bali, de m'éparpiller. Pire : d'avoir explosé et d'être partie dans plusieurs directions à la vitesse de la lumière. Pour au final avoir la sensation de me transformer en trou noir. Vide. Aspirant ma propre énergie.
Je ne vous cache pas que j'ai quelque peu paniquée. J'avoue, j'en ai bavé...
D'abord je suis rentrée. Alors que je n'en avais pas du tout envie.
Puis j'ai repris le boulot. Alors que je n'en avais pas du tout envie.
Enfin j'ai lancé Google. Et je me suis perdue.
Je n'avais aucun plan donc tout y est passé : des blogs de voyageurs chevronnés pour qui je n'ai qu'admiration et jalousie (sérieusement : comment font-ils pour avoir la vie dont je rêve ?!) aux sites pour mettre en relation les expatriés déjà sur place et moi. Et là bonjour l'accueil. "Bali ça se mérite" que m'a lancé ce retraité aigri. Ok. Et donc, je ne mérite pas Bali ? Et Bali ne me mérite pas ? Non mais d'où ce type m'insulte et veut annihiler ma démarche ?! Il veut se garder Bali pour lui tout seul, voilà mon avis. J'avais envie de voir en lui cet amour. Hélas Bali en vain me voue à l'Amour.
Dans le même temps je me renseignais pour savoir comment emmener ma terreur à poils.
En parallèle je regardais le prix des loyers. Et tous les jours - absolument tous les jours - je faisais des recherches de billets d'avion, le temps d'une chanson.
Comme ça ne suffisait pas à créer un chaos parfait dans ma jolie tête blonde (oui, le soleil me file des mèches), j'ai décidé d'apprendre l'indonésien. Je poursuivais ma danse acrobatique, mon cerveau avait intérêt à avoir le sens du rythme.
Je suis sérieuse. Voilà 59 jours que j'ai téléchargé pêle-mêle Babbel, Memrise et que je me suis abonnée au Podcast LearningIndonesian avec Saun et Cici (prononcé "tchitchi"). Avant d'avoir eu vent d'HelloTalk. Application qui permet de mettre en relation les habitants de la planète. Chacun aidant l'autre dans sa langue natale. Idée brillante.
Et enfin j'ai découvert la philosophie véhiculée par Hal Elrod - dont je vous ai déjà un peu parlé ici - et ses copains dans une optique de développement personnel.
Bien entendu, j'ai profité de cet élan curieux et avide pour acheter une cargaison de bouquins. Du Miracle Morning à Anthony Robbins, du roman balinais pur jus avec "Sang et Volupté" (superbe) aux récits loufoques de Nigel Barley, des mini méthodes assimil, des récits de voyages, un peu d'Ho'oponopono que je découvre aujourd'hui et... nous y voilà.
Envahie par les livres, je lis, je lis, j'apprends, j'oublie, je retiens, je veux aller plus loin.
Fanny - version "in progress". Un peu plus posée. Toujours un peu perdue.
Mais avec le sentiment que la destination vaut le coup. Quelqu'elle soit.
Et aujourd'hui, j'ai récolté les premiers fruits de mes efforts. (admirez cette subtile métaphore maraîchère).
Après avoir installé HelloTalk ce week-end j'ai commencé à découvrir le principe. Je précise quelle langue je veux apprendre et l'application me propose des comptes d'autochtones désireux d'améliorer leur français. Voilà un échange de bons procédés qui me plaît !
Très rapidement, de jeunes javanais - étudiant(e)s pour la plupart m'abordent. C'est à dire qu'ils sont là, en direct, connectés avec moi, et ils me parlent. Et ils attendent une réponse.
Je me suis jetée à l'eau, j'ai retenu ma respiration et j'ai commencé à tapoter.
Et je découvre, rassérénée qu'HelloTalk propose une traduction instantanée. Soit pour comprendre ce qu'on m'envoie, soit pour vérifier ce que je m'apprête à envoyer. Magique.
Avec les mots que je connais déjà et avec l'aide du traducteur intégré, me voilà discutant avec des javanais ! J'échange surtout avec une jeune fille qui étudie la littérature française. Sa maîtrise du français est bluffante. Et sa gentillesse et son enthousiasme à m'aider me rappelle la légendaire gentillesse indonésienne.
J'apprends de nouveaux mots, associés à ceux que j'ai désormais acquis, j'arrive à faire les connexions et à comprendre et réutiliser les pronoms, expressions.
Elle me demande où j'habite, si je connais la Tour Eiffel (c'est touchant de voir que Paris fait toujours son petit effet). Quand est-ce que je compte revenir à Bali ("Kapan kamu akan pergi ke Bali lagi ?") ou si je pense aller ailleurs.
Je comprends tout et je peux lui répondre. Je me sens incroyablement brillante. Et fière. Ne vous déplaise.
Mais mes progrès vont être sérieusement récompensés quand deux heures plus tard, alors que j'abordais la 33ème leçon du podcast, je découvre avec contentement que je connaissais déjà la plupart des mots. Ce vocabulaire ne m'était plus étranger grâce à ma nouvelle amie javanaise.
J'ai valsé dans ma tête. Avec moi. Je souriais Boulevard Voltaire, je virevoltais mentalement, les poumons remplis de fierté, le pas sûr. Ça aura duré un peu plus que le temps d'une chanson, mais je ne doute pas que l'indonésien et moi nous aimions.
Toute cette gratitude renforce ma détermination. Moi qui doutais encore la semaine dernière de l'intérêt d'apprendre le bahasa. Aujourd'hui j'ai l'impression d'avoir un secret, une info géniale dans ma tête, que je chéris et cache. Que je garde pour moi. Je suis positivement fière de moi. Et je sais qu'à chaque prochain dérapage de motivation, il me suffira de me souvenir de cette javanaise.
Et de la chanson.
Je ne vous cache pas que j'ai quelque peu paniquée. J'avoue, j'en ai bavé...
D'abord je suis rentrée. Alors que je n'en avais pas du tout envie.
Puis j'ai repris le boulot. Alors que je n'en avais pas du tout envie.
Enfin j'ai lancé Google. Et je me suis perdue.
Je n'avais aucun plan donc tout y est passé : des blogs de voyageurs chevronnés pour qui je n'ai qu'admiration et jalousie (sérieusement : comment font-ils pour avoir la vie dont je rêve ?!) aux sites pour mettre en relation les expatriés déjà sur place et moi. Et là bonjour l'accueil. "Bali ça se mérite" que m'a lancé ce retraité aigri. Ok. Et donc, je ne mérite pas Bali ? Et Bali ne me mérite pas ? Non mais d'où ce type m'insulte et veut annihiler ma démarche ?! Il veut se garder Bali pour lui tout seul, voilà mon avis. J'avais envie de voir en lui cet amour. Hélas Bali en vain me voue à l'Amour.
Dans le même temps je me renseignais pour savoir comment emmener ma terreur à poils.
En parallèle je regardais le prix des loyers. Et tous les jours - absolument tous les jours - je faisais des recherches de billets d'avion, le temps d'une chanson.
Comme ça ne suffisait pas à créer un chaos parfait dans ma jolie tête blonde (oui, le soleil me file des mèches), j'ai décidé d'apprendre l'indonésien. Je poursuivais ma danse acrobatique, mon cerveau avait intérêt à avoir le sens du rythme.
Je suis sérieuse. Voilà 59 jours que j'ai téléchargé pêle-mêle Babbel, Memrise et que je me suis abonnée au Podcast LearningIndonesian avec Saun et Cici (prononcé "tchitchi"). Avant d'avoir eu vent d'HelloTalk. Application qui permet de mettre en relation les habitants de la planète. Chacun aidant l'autre dans sa langue natale. Idée brillante.
Et enfin j'ai découvert la philosophie véhiculée par Hal Elrod - dont je vous ai déjà un peu parlé ici - et ses copains dans une optique de développement personnel.
Bien entendu, j'ai profité de cet élan curieux et avide pour acheter une cargaison de bouquins. Du Miracle Morning à Anthony Robbins, du roman balinais pur jus avec "Sang et Volupté" (superbe) aux récits loufoques de Nigel Barley, des mini méthodes assimil, des récits de voyages, un peu d'Ho'oponopono que je découvre aujourd'hui et... nous y voilà.
Envahie par les livres, je lis, je lis, j'apprends, j'oublie, je retiens, je veux aller plus loin.
Fanny - version "in progress". Un peu plus posée. Toujours un peu perdue.
Mais avec le sentiment que la destination vaut le coup. Quelqu'elle soit.
Et aujourd'hui, j'ai récolté les premiers fruits de mes efforts. (admirez cette subtile métaphore maraîchère).
Après avoir installé HelloTalk ce week-end j'ai commencé à découvrir le principe. Je précise quelle langue je veux apprendre et l'application me propose des comptes d'autochtones désireux d'améliorer leur français. Voilà un échange de bons procédés qui me plaît !
Très rapidement, de jeunes javanais - étudiant(e)s pour la plupart m'abordent. C'est à dire qu'ils sont là, en direct, connectés avec moi, et ils me parlent. Et ils attendent une réponse.
Je me suis jetée à l'eau, j'ai retenu ma respiration et j'ai commencé à tapoter.
Et je découvre, rassérénée qu'HelloTalk propose une traduction instantanée. Soit pour comprendre ce qu'on m'envoie, soit pour vérifier ce que je m'apprête à envoyer. Magique.
Avec les mots que je connais déjà et avec l'aide du traducteur intégré, me voilà discutant avec des javanais ! J'échange surtout avec une jeune fille qui étudie la littérature française. Sa maîtrise du français est bluffante. Et sa gentillesse et son enthousiasme à m'aider me rappelle la légendaire gentillesse indonésienne.
J'apprends de nouveaux mots, associés à ceux que j'ai désormais acquis, j'arrive à faire les connexions et à comprendre et réutiliser les pronoms, expressions.
Elle me demande où j'habite, si je connais la Tour Eiffel (c'est touchant de voir que Paris fait toujours son petit effet). Quand est-ce que je compte revenir à Bali ("Kapan kamu akan pergi ke Bali lagi ?") ou si je pense aller ailleurs.
Je comprends tout et je peux lui répondre. Je me sens incroyablement brillante. Et fière. Ne vous déplaise.
Mais mes progrès vont être sérieusement récompensés quand deux heures plus tard, alors que j'abordais la 33ème leçon du podcast, je découvre avec contentement que je connaissais déjà la plupart des mots. Ce vocabulaire ne m'était plus étranger grâce à ma nouvelle amie javanaise.
J'ai valsé dans ma tête. Avec moi. Je souriais Boulevard Voltaire, je virevoltais mentalement, les poumons remplis de fierté, le pas sûr. Ça aura duré un peu plus que le temps d'une chanson, mais je ne doute pas que l'indonésien et moi nous aimions.
Toute cette gratitude renforce ma détermination. Moi qui doutais encore la semaine dernière de l'intérêt d'apprendre le bahasa. Aujourd'hui j'ai l'impression d'avoir un secret, une info géniale dans ma tête, que je chéris et cache. Que je garde pour moi. Je suis positivement fière de moi. Et je sais qu'à chaque prochain dérapage de motivation, il me suffira de me souvenir de cette javanaise.
Et de la chanson.
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Pays/territoire :
10e Arrondissement, 75010 Paris, France
mardi 16 août 2016
Aveu. A vous.
Je procrastine.
Je sais.
Inutile de lever vos yeux. Je sais.
Je suis partie à Bali, puis je suis partie dans tous les sens.
Mais je m'apaise. Je commence à entrevoir, de loin, à travers un épais brouillard, comment m'y prendre. Déjà pour tenir mes engagements. Et je me suis promis d'écrire ici et là, régulièrement.
Je n'ai pas menti : j'ai ripé.
J'ai lu, j'ai commencé à développer de nouvelles habitudes, je me suis perdue, j'ai débordé d'énergie et j'ai fini par faire une méga baisse de tension avant de partir pour un long week-end où je n'ai rien fait. Mais genre : rien.
Je me sens mieux. Toujours motivée, toujours impatiente de trouver comment quitter cette vie là pour rejoindre la prochaine. Comment vivre et voyager. Comment partir découvrir le Monde et du monde.
Je trouverai.
Il m'est impensable de rester derrière cet ordi pour éditer des devis et accueillir le petit monde (et parfois un peu plus grand) du Cinéma. Je ne dénigre pas mais j'ai l'impression de me trahir en passant ma vie sur Excel. Je suis devenue myope à force de fixer un écran. J'ai pris de mauvaises postures sur ce fauteuil de bureau hors de prix. J'ai oublié de me dépenser, j'ai découvert le mal de dos et les gros soupirs de la routine qui manque d'air.
Je mérite mieux que ça, je vais donc me donner les moyens de m'épanouir enfin.
Ça sonne bien, pas vrai ?
He bien j'ai décidé que ça serait simple aussi.
Arrêter de me bercer de limites, de censures. Avoir peur est admis, mais seulement dans l'optique de dépasser cette crainte. Et je ne compte pas faire de la chute libre non plus.
Même si quelque part, m'organiser (ou me désorganiser) pour tout quitter et partir à l'aventure s'apparente un peu à un saut dans le grand vide. Ou le grand bain.
Mais rien que de m'imaginer, marcher dans Ubud, laisser les vagues de la mer de Lombok me lécher les orteils, m'enivrer d'encens et de sons... je n'ai plus peur. J'ai hâte.
Et j'ai hâte de voir tellement de choses. La médina à Marrakech, les plages mexicaines, brésiliennes. Rencontrer des gens, voyageurs et locaux. Pouvoir essayer mes rudiments d'indonésien enfin. M'essayer au brésilien, enfin.
Retourner en Italie. Revoir la Grèce. Découvrir la Nouvelle Orléans. Marcher, marcher. Apaisée.
Je vous jure que je n'ai pas intégré un culte. Que je ne voue aucune foi à aucune déité. Je ne me drogue pas. Je n'ai pas augmenté ma consommation d'alcool. Je ne souffre pas d'hallucinations. Je ne suis pas malade. Je ne suis pas folle.
Je me débats pour être moi. Juste moi. Et vous allez voir, je suis super chouette. Je m'aime déjà.
D'ailleurs - et sans vouloir me lancer des fleurs ou quémander le compliment - regardez-moi.
Vous ne trouvez pas que cette fille a l'air absolument Cool ? Et Zen ? Et Heureuse ? Et que ces adjectifs méritent leur majuscule ? Cette fille c'est moi. Moi à l'écolodge de Gili Asahan.
Je crois que ça se passe de commentaires et qu'il est urgent que je retrouve le chemin pour avoir cet air serein, béni. I was so blessed last month !
Je sais.
Inutile de lever vos yeux. Je sais.
Je suis partie à Bali, puis je suis partie dans tous les sens.
Mais je m'apaise. Je commence à entrevoir, de loin, à travers un épais brouillard, comment m'y prendre. Déjà pour tenir mes engagements. Et je me suis promis d'écrire ici et là, régulièrement.
Je n'ai pas menti : j'ai ripé.
J'ai lu, j'ai commencé à développer de nouvelles habitudes, je me suis perdue, j'ai débordé d'énergie et j'ai fini par faire une méga baisse de tension avant de partir pour un long week-end où je n'ai rien fait. Mais genre : rien.
Je me sens mieux. Toujours motivée, toujours impatiente de trouver comment quitter cette vie là pour rejoindre la prochaine. Comment vivre et voyager. Comment partir découvrir le Monde et du monde.
Je trouverai.
Il m'est impensable de rester derrière cet ordi pour éditer des devis et accueillir le petit monde (et parfois un peu plus grand) du Cinéma. Je ne dénigre pas mais j'ai l'impression de me trahir en passant ma vie sur Excel. Je suis devenue myope à force de fixer un écran. J'ai pris de mauvaises postures sur ce fauteuil de bureau hors de prix. J'ai oublié de me dépenser, j'ai découvert le mal de dos et les gros soupirs de la routine qui manque d'air.
Je mérite mieux que ça, je vais donc me donner les moyens de m'épanouir enfin.
Ça sonne bien, pas vrai ?
He bien j'ai décidé que ça serait simple aussi.
Arrêter de me bercer de limites, de censures. Avoir peur est admis, mais seulement dans l'optique de dépasser cette crainte. Et je ne compte pas faire de la chute libre non plus.
Même si quelque part, m'organiser (ou me désorganiser) pour tout quitter et partir à l'aventure s'apparente un peu à un saut dans le grand vide. Ou le grand bain.
Mais rien que de m'imaginer, marcher dans Ubud, laisser les vagues de la mer de Lombok me lécher les orteils, m'enivrer d'encens et de sons... je n'ai plus peur. J'ai hâte.
Et j'ai hâte de voir tellement de choses. La médina à Marrakech, les plages mexicaines, brésiliennes. Rencontrer des gens, voyageurs et locaux. Pouvoir essayer mes rudiments d'indonésien enfin. M'essayer au brésilien, enfin.
Retourner en Italie. Revoir la Grèce. Découvrir la Nouvelle Orléans. Marcher, marcher. Apaisée.
Je vous jure que je n'ai pas intégré un culte. Que je ne voue aucune foi à aucune déité. Je ne me drogue pas. Je n'ai pas augmenté ma consommation d'alcool. Je ne souffre pas d'hallucinations. Je ne suis pas malade. Je ne suis pas folle.
Je me débats pour être moi. Juste moi. Et vous allez voir, je suis super chouette. Je m'aime déjà.
D'ailleurs - et sans vouloir me lancer des fleurs ou quémander le compliment - regardez-moi.
Vous ne trouvez pas que cette fille a l'air absolument Cool ? Et Zen ? Et Heureuse ? Et que ces adjectifs méritent leur majuscule ? Cette fille c'est moi. Moi à l'écolodge de Gili Asahan.
Je crois que ça se passe de commentaires et qu'il est urgent que je retrouve le chemin pour avoir cet air serein, béni. I was so blessed last month !
Pêle-mêle, voici la nouvelle routine à laquelle je m'astreins avec plaisir depuis quelques semaines et les quelques changements que j'apporte à mon quotidien :
- Réveil à 6h30 (ce qui reste hautement raisonnable).
- séance de yoga pendant 20 à 30 minutes (je m'appuie sur les DVDs, en ce moment, mon prof est Rodney Yees (le mec, il s'appelle Ouii donc) et j'attends encore 2 DVDs avec le même instructeur. NB : pensez à retirer mon numéro de CB sur Amazon pour arrêter de cliquer à tout va)
- 10 minutes de méditation avec une application pour une méditation guidée (Petit Bambou, Zenfie ou Calm en anglais)
- quelques minutes d'affirmations positives (pour me convaincre que je suis une fille géniale à qui tout réussit) pendant que mon café coule, et après avoir bu mon jus de citron pressé.
- quand je me sens inspirée, je m'essaie à de la visualisation pour imaginer ma vie de rêve et m'y projeter. J'avoue avoir de grosses difficultés pour le moment mais je ne désespère pas de trouver le bon état pour m'emmener loin, dans ce pays rêvé pour mon futur moi.
- place à la lecture. L'idée étant d'apprendre quelque chose pour me nourrir encore. En ce moment je révise ce que j'ai appris avec le podcast Learning Indonesian puis je fais ma leçon du jour pour apprendre de nouveaux mots avec Memrise
- je termine avec un peu d'écriture. Je tiens un journal de bord de mes matins actifs sur Monkkee. Puis je finis mon café brûlant en lisant mes mails, regardant mes notifications sur les réseaux sociaux.
Je ne dors plus à côté de mon portable, que je pose gentiment loin de moi pour m'obliger à me lever pour éteindre le réveil. Et je m'interdis de le consulter avant d'avoir accompli ma routine du matin. Tout comme ma cigarette électronique, tous deux m'attendent sagement quand j'ai fini.
Enfin, j'ai décidé de marcher davantage. Je ne prends donc plus le métro à côté de chez moi et je marche 30 à 35 minutes chaque matin et chaque soir en écoutant le podcast Learning Indonesian. Je m'évite le changement de métro (et la SDF ninja qui a la jambe agile et l'agression farouche) et la nuée d'êtres humains gris et ternes qui prennent le même chemin que moi et m'emportent dans cette vague humaine déshumanisée et triste.
Je marche et je me sens mieux. Fière aussi d'accomplir au minimum mes 5 km par jour.
Bien entendu, tous ces changement sont intervenus suite à ma lecture du Miracle Morning d'Hal Elrod qui m'a lui même été suggéré par la lecture du blog du génial Hanine de Goodbye Comfort Zone
Je me couche plus tôt, je dors mieux, je me réveille parfois encore un peu bougon, mais systématiquement avant la sonnerie du réveil et j'ai hâte de commencer ma séance de yoga.
J'arrive au bureau 3h30 plus tard avec le sentiment d'avoir accompli quelque chose de ma journée, de ma vie, pour moi.
Bye-bye la routine "métro-boulot-dodo", je me prends en main et même si mes journées sont monotones, même si je m'ennuie à mourir, même si je compte les heures encore qui me séparent de 19h, ma vie ne se résume plus qu'à ça. J'ai des projets, des envies, des voyages plein la tête et un enthousiasme à toute épreuve.
Je suis prête. Pour moi.
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